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CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Les critiques de Julien Brnl
🎬 The Greatest Showman
Réalisateur : Michael Gracey
Article mis en ligne le 9 janvier 2018
dernière modification le 13 janvier 2018

par Julien Brnl
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➡ Vu au cinéma Acinapolis Jambes - Sortie du film le 03 janvier 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • le film a reçu le Golden Globes de la meilleure chanson originale cette année pour « This is Me », interprétée par Keala Settle, écrite par Benj Pasek et Justin Paul (récompensés pour la seconde année consécutive après « City of Stars » de la bande-originale de « La La Land »), et composée par John Debney et Joseph Trapanese ;
  • la mise en chantier du film date d’août 2011 ;
  • l’héritage de Barnum et de ses associés, le « Ringling Bros. And Barnum & Bailey Circus », a fermé ses portes le 21 mai 2017 ;
  • la bande-originale du film a atteint la première place des meilleures ventes d’album aux USA lors de sa quatrième semaine de sortie (soit la première semaine de janvier), tandis qu’elle figurait au même moment en tête des albums les plus téléchargés légalement sur Itunes dans le monde !

Résumé : L’histoire de Phineas Taylor Barnum, un entrepreneur et visionnaire américain parti de rien pour alors créer son propre cirque - le cirque Barnum, mêlant numéros spectaculaires, animaux sauvages et freaks shows - ayant atteint une renommée mondiale pour alors devenir le plus grand cirque qu’ait connu le XIX siècle.

La critique

On ne pouvait pas mieux commencer l’année. Dès les lumières de la salle éteintes, le show commence. Le générique débute à peine que le spectateur est d’ores et déjà scotché par l’entraînant début de la chanson « The Greatest Show », composée par John Debney, et interprétée tout d’abord par Hugh Jackman, sur lequel s’ouvre le film. D’emblée, l’acteur apparaît au meilleur de sa forme, vêtu d’une queue-de-pie, d’un chapeau haut-de-forme et d’une canne à la main, dictant, aux intonations de sa voix et aux mouvements de son corps, les rythmes de la chanson de cette introduction du tonnerre, que l’on retrouvera d’ailleurs en apothéose plus tard dans le film. Jackman mène d’entrée de jeu le spectacle, et ne cessera de nous en mettre plein les mirettes dans une comédie musicale d’une générosité auditive et visuelle comme rarement vue et entendue. Êtes-vous prêt pour le plus grand spectacle de l’année ?

Phineas Taylor Barnum, alias P.T. Barnum, ce nom ne vous dit peut-être rien, mais il fut pourtant l’un des mentors du monde du spectacle, et plus précisément dans les années 1870, où, parti de rien, il créa un cirque à renommée internationale, le cirque Barnum. Le film évoque ainsi une partie romancée de son parcours, en commençant par sa rencontre avec celle qui deviendra son épouse (et qui lui donnera deux merveilleuses filles), le tout au cours d’une sublime chanson, « A Million Dreams », qui traverse avec rêverie et passion les années, pour nous permettre alors de rentrer dans le vif du sujet.

De son « cabinet des curiosités », à travers duquel il exposa ses « freaks shows » (des humains aux particularités physiques étonnantes à l’époque, comme les trapézistes de couleur, le mastodonte, le chien-loup, le géant irlandais, le tatoué ou encore la femme à barbe), en passant par la création de son cirque, à sa rencontre avec Phillip Carlyle et Jenny Lind (surnommée le « rossignol suédois »), le film nous présente un destin, certes, arrosé à l’eau de rose, mais pas que. On ne passe ainsi pas derrière ces lieux symboliques et de promesses auxquels on revient plusieurs fois dans récit, ni à côté des tracts qui tombent par terre dans la rue, faute d’engouement, ou de la gentille morale cachée derrière la gloire et la soif qui montent à la tête (et qui éloignent de la famille), sans oublier la question de la tolérance envers les personnes de différences. Le film emprunte aussi le terrain sinueux du regard des différentes classes sociales envers le divertissement, le tout en arborant les aspects parfois violents de ces thèmes, mais sans jamais pourtant les creuser, ni véritablement les affronter.
Pour ainsi dire, le film se penche principalement sur l’homme de spectacle que Barnum était, sans prendre le temps de s’arrêter, notamment, sur ses « freaks shows » (ou très peu). Mais le vrai monsieur n’était pas tant celui que nous montre le film… Non, ce dernier était même définit comme le « prince des charlatans », profitant de la naïveté des gens, du scandale pour prospérer, et qui dupait les gens en leur vendant « du vent ». Heureusement, le film nous offre de nombreux clins d’œil à cet aspect moins représenté de sa personnalité (notamment par les raisons initiales - de profit - de sa rencontre avec Phillip Carlyle, et Jenny Lind), qui fait ainsi concurrence à celle que se devait de nous offrir le film, pour le bien du caractère enjolivé de l’histoire, soit celle d’un homme ambitieux et aimé des siens, ayant permis à bien des personnes de trouver une famille (dans celle du spectacle), et qui a conduit à la célébration de l’humanité, en rassemblant les gens de couleurs, tailles et formes différentes. N’en déplaise aux détracteurs, le film n’est pas dénué de nuances autour de son personnage, bien que son aspect empathique l’emporte ici sur son gigantisme, sa démesure (destructrice) et sa soif de reconnaissance (et peut-être d’argent...). Mais on est bien ici, pour rappel, dans du cinéma de divertissement, pour toute la famille, avec tout ce qu’il appelle de bons sentiments.

À défaut d’authenticité et d’originalité dans son scénario et l’écriture de ses personnages, la première réalisation de Michael Gracey (lui qui était jusqu’alors superviseur d’effets visuels et compositeur numérique) a de quoi nous clouer sur notre siège, de là à nous donner l’envie de revoir son film, encore et encore. Certes, « The Greatest Showman » n’est pas « La La Land », mais il n’a pas à rougir du spectacle qu’il nous offre, lui qui comblera, sans hésiter, les fans de comédies musicales, qui ne sauront plus se tenir !

Et pour cause, la mise en scène du réalisateur est un véritable florilège de numéros en tous genres, elle qui alterne le flamboyant, les bonnes idées, et le sens du spectacle comme jamais.

Alors que les chorégraphies se suivent, celles-ci font preuve d’une belle inventivité, profitant aussi du contexte spatial dans lequel se trouvent ses personnages. À l’écran, ces danses transpirent le bonheur qu’ont eu les acteurs à les exécuter, ce qui redouble notre plaisir. On a tout simplement l’envie de les rejoindre, et surtout de pousser la voix. Oui, n’ayons pas peur de le dire : la bande-originale écrite par le duo Benj Pasek et Justin Paul est un sans-faute. De la grandiose ouverture sur « The Greatest Show », en passant par « Come Alive » sur laquelle la troupe de donne corps et âme, sans oublier le trépidant « The Other Side » et son lot de shoot, la ballade « Never Enough » où le temps s’arrête et les poils se dressent, mais encore « Rewrite the Stars » parfaitement chorégraphiée et mise en valeur, ou encore « From Now On » et sa montée en puissance, la musique du film est tout simplement un moment de grâce à part entière.

En respect de l’époque et du milieu, les costumes et les décors (en studio, peu de naturel) sont ainsi de circonstance, et nous éblouissent pas leurs aspects chatoyants, titillant nos yeux et nos rêves les plus fous.
« The Greatest Showman » doit également beaucoup à son superbe casting, en commençant par Hugh Jackman, d’une classe absolue, habité par son personnage, et très habile dans ses gestes. Pour Michelle Williams, c’est carrément le jour et la nuit par rapport à son interprétation dans le dernier Ridley Scott (« Tout l’Argent du Monde », sorti pas plus tard que le semaine dernière), puisqu’elle est ici irrésistible, sublime et bienveillante dans son interprétation, tandis qu’elle donne véritablement de la voix, tout comme Hugh, très en forme donc. Sans oublier Zac Efron et Zendaya, les deux jeunes acteurs et stars pour adolescents, qui affichent également un jeu tout en puissance, aux voix charmées. Tandis que Rebecca Ferguson a été doublée par la chanteuse Loren Allred, Keala Settle est, quant à elle, ravissante avec sa barbe, et en impose par sa voix, et son charisme.
Oui, « The Greatest Showman », c’est bien évidemment sur papier une success-story comme il en accouche par dizaine à Hollywood, au fil des années, et particulièrement lors de la période des fêtes (propice aux sorties familiales). On regrette aussi la distance prise par le scénario avec la vérité historique, dont notamment l’aspect controversé de l’entrepreneur pour le « XXL », et son savoir-faire presque machiavélique dans le monde du show-business, loin de l’image que ce Barnum laisse à la fin du film.

Mais il serait dommage de s’arrêter là, tant cette (trop) libre autobiographie regorge d’atouts propres à ses objectifs, et que bien peu de films sont capables de nous livrer, ou de nous transmettre, tel que le plaisir des sens. Après le chef-d’œuvre « La La Land » l’année dernière, « The Greatest Showman » prouve une nouvelle fois que la comédie musicale est en train de revivre ses plus belles heures, lui qui est de ceux qui vous donneront inévitablement l’envie d’y re-gouter à deux fois, voire plus. Et si, selon Barnum, en 1889, « l’art le plus noble est de celui de rendre les autres heureux », alors ce film en est le parfait représentant. Le plus grand show, on vous le dit !

17/20

Diaporama

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Copyright 2017 Twentieth Century Fox
Bande-annonce :

La critique de Cinécure



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