Bandeau
CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Les critiques de Julien Brnl
🎬 The Florida Project
Réalisateur : Sean Baker
Article mis en ligne le 25 janvier 2018

par Julien Brnl
logo imprimer

➡ Vu au cinéma Caméo des Grignoux - Sortie du film le 17 janvier 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • présenté au 70ème Festival de Cannes à la Quinzaine des réalisateurs ;
  • l’équipe du film s’est rendue à Kissimee, en Floride, à plusieurs reprises pendant trois ans, en séjournant dans des motels de l’autoroute US 192, l’un des principaux axes menant à Disney World.

Résumé : Moonee a 6 ans et un sacré caractère. Lâchée en toute liberté dans un motel de la banlieue de Disney world, elle y fait les 400 coups avec sa petite bande de gamins insolents. Ses incartades ne semblent pas trop inquiéter Halley, sa très jeune mère. En situation précaire comme tous les habitants du motel, celle-ci est en effet trop concentrée sur des plans plus ou moins honnêtes pour assurer leur quotidien…

La critique

À deux pas de l’immense complexe de Disney World (qui s’étend sur plus de 111 km², soit un peu plus que la superficie de la ville de Paris, ou deux fois l’île de Manhattan) se dressent ces longues autoroutes qui mènent au paradis familial de la souri aux grandes oreilles. Avant que la filiale y bâtisse aussi des hôtels de rêve, c’est le long de ces routes qu’une multitude de petits motels colorés logeaient les clients du domaine. Aujourd’hui, ces derniers n’hébergent plus des touristes, mais bien des familles en situations précaires. Sean Baker nous emmène d’ailleurs dans le quotidien de l’une d’elles, le temps d’un été, formée par la petite Mooney, et sa jeune mère, Halley. Bienvenu dans l’envers du décor de l’industrie du divertissement, à la rencontre des laissés-pour-compte !

Ce qui frappe d’emblée le spectateur, c’est la musique sur laquelle s’ouvre le film, soit le « Celebration » de Kool & the Gang, assez festive, et qui reflète d’ailleurs ici toute la jeunesse et la fougue de ses jeunes acteurs. C’est d’ailleurs la seule musique à laquelle on aura droit. Le générique défile alors sur fond pourpre, avec comme arrière-plan un mur du motel. Tourné en 35mm, le film de Sean Baker possède instantanément une photographie très plaisante aux couleurs organiques d’un certain tape-à-l’œil. Les décors, eux, s’inscrivent particulièrement bien dans cet alentour de parc à thème, avec des établissements à énormes enseignes, où tout semble créé pour attirer le public à pousser la porte d’entrée. Nos anti-héros, eux, ne les pousseront pas, mais feront les cent pas devant, à longueur de journée.

« The Florida Projet » est porté par un casting sauvage, révélant le talent de la jeune Brooklynn Kimberly Prince dans le rôle de Mooney, espiègle à souhait, vivant dans l’insouciance, mal élevée, mais pourtant bien consciente de la situation dans laquelle elle vit... Bria Vinaite (actrice novice repérée via son compte Instagram), incarnant la mère de Mooney, pourrait quant à elle en irriter plus d’un par le caractère totalement irresponsable et vulgaire de son personnage. Tous les acteurs du film sont ainsi non-professionnels, et excellent dans les rôles qu’on leur a écrits. Tous, sauf William Dafoe, incarnant ici le manager du motel, et par la même occasion la figure paternelle absente de Mooney, et l’ange gardien de sa mère, bienveillant envers elle malgré sa situation.

Mais c’est dans le parti-pris contemplatif du réalisateur pour son sujet que le film risque de (dé)plaire. En effet, le réalisateur ne porte aucune critique, ni aucun jugement sur les méfaits de ses personnages, et encore moins sur cette mère complètement démissionnaire. Certains pourront d’ailleurs pointer un misérabilisme appuyé, d’autres crieront à cette capacité que le film a de retranscrire sans pathos et sans complaisance la réalité de ces centaines de familles oubliées, n’ayant rien demandées, et qui continuent à vivre avec leurs moyens, et à rêver, loin de l’aveuglement de la richesse.

14/20

Diaporama

 <br width='500' height='376' />  <br width='500' height='355' />  <br width='500' height='375' />  <br width='500' height='741' />  <br width='500' height='672' />  <br width='500' height='375' />  <br width='500' height='667' />  <br width='500' height='375' />  <br width='500' height='310' />  <br width='500' height='354' />  <br width='500' height='312' />  <br width='500' height='375' />  <br width='500' height='375' />  <br width='500' height='334' />  <br width='500' height='334' />  <br width='500' height='375' />  <br width='500' height='354' />  <br width='500' height='354' />

Copyright 2017 PROKINO Filmverleih GmbH / Le Pacte
Bande-annonce :

Lien vers la critique de Cinécure



RSS

2014-2018 © CINECURE - Tous droits réservés
Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL 4.0.65