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CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE est le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour les radios RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Les critiques de Julien Brnl
🎬 Monsieur je-sais-tout
Réalisateur(s) : François Prévôt-Leygonie et Stephan Archinard
Article mis en ligne le 19 mai 2018

par Julien Brnl
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➡ Vu au cinéma Acinapolis Jambes - Sortie du film le 09 mai 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • adapté du roman d’Alain Gillot « La Surface de Réparation » (2015), n’ayant quant à lui aucun lien avec le film de Christophe Régin sorti cette année, malgré le titre commun ainsi qu’un lien direct avec le monde du football ;
  • troisième fois que François Prévôt-Leygonie et Stephan Archinard réalisent ensemble.

Résumé : Vincent Barteau, 35 ans, entraîneur de foot d’1,92 m, voit débouler dans son quotidien de célibataire invétéré, son neveu, Léo, 13 ans, 1,53 m, autiste Asperger et joueur d’échecs émérite. Cette rencontre aussi singulière qu’explosive va bouleverser l’existence de Vincent et offrir à Léonard la chance de sa vie.

La critique :

Pour leur troisième collaboration, François Prévôt-Leygonie et Stephan Archinard adaptent le roman d’Alain Gillot « La Surface de Réparation », eux à qui l’on doit déjà « Amitiés Sincères » (2013) et « Tout Schuss » (2016). Dans « Monsieur je-sais-tout », il est question d’une rencontre entre deux êtres opposés, mais bien plus complémentaires qu’ils ne le croient, soit celle d’un entraîneur de football et séducteur divorcé (Vincent) et de son neveu (Léo), atteint d’une forme d’autisme appelée Asperger. Alors qu’il ne l’avait encore jamais vu, Vincent se retrouve, par un concours de circonstances, à s’occuper de Léo durant quelques jours. Évidemment, ces quelques moments passés ensemble éveilleront en eux une émancipation qui changera leur vie.

Feel-good movie inoffensif, « Monsieur je-sais-tout » brille par son duo d’acteurs principal, emmené par Arnaud Ducret et Max Baissette de Malglaive. Le premier se permet une première incursion dans un registre plus émotionnel que pitre (d’ailleurs, on le retrouvera très prochainement dans la comédie potache « Les Dents, Pipi et au Lit » d’Emmanuel Gillibert), ce dans quoi il a l’habitude de tourner. Et ce n’est pas pour nous déplaire qu’il interprète enfin un rôle plus humain, à même de montrer une facette plus réservée de son jeu d’acteur. Quant à Max Baissette de Malglaive, révélé dans le film « Versailles » de Pierre Schoeller (2008), il est bluffant dans la peau de ce jeune homme atteint d’Asperger, lui qui en présente dès lors les symptômes, tels qu’une énorme nervosité, des troubles dans les interactions sociales, des comportements répétitifs, ou encore un débit et une utilisation atypique de la parole.

Face à la caméra des réalisateurs, le jeune acteur transcende son rôle, lui qu’on croirait d’ailleurs véritablement victime du trouble. Outre ces interprétations plutôt plaisantes, et que l’on ressent sincères, c’est le duo en lui-même qui porte le film, entre écoute, partage, et apprentissage à tout âge. Car aussi bien Vincent que Léo ressortira vainqueur de cette improbable rencontre, à chacun de leur niveau.
Au contraire du roman où l’intrigue se déroule dans l’Est de la France, là où la grisaille générale surplombe le paysage, l’équipe de tournage (en accord avec l’écrivain, et poussée par les producteurs) a tourné le film à La Rochelle, avant tout pour sa luminosité, mais également pour les décors en bordure d’océan. Bien connue par son duo de réalisateurs (puisqu’ils y ont tourné leur premier film commun), cette région est ici filmée avec atouts, ce qui nous donnerait bien l’envie d’aller y jeter un coup d’œil supplémentaire...

On apprécie aussi la mise en lumière que le scénario offre ici aux personnes atteintes du trouble d’Asperger, tout en soulignant les problèmes de traitement, parfois catégorisant, de sa prise en charge. Bien sûr, le film s’évite globalement toute profondeur dans le travail de cette pathologie, elle qui, aujourd’hui encore, n’a pas encore relevée tous ses secrets.

Au rayon déconvenues, « Monsieur je-sais-tout » n’évite pas le poids de la prévisibilité du déroulement de sa rencontre. Aussi, on sait d’emblée où va finir cette belle histoire, tant l’écriture semble toute tracée pour n’aboutir qu’à un seul et même dénouement possible. Mais le film il n’en demeure pas moins une histoire suffisamment tendre, touchante, et bien interprétée, qui nous permet ainsi un moment de cinéma qui ne se refuse pas.

14/20



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