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CINECURE est le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour les radios RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Les critiques de Julien Brnl
🎬 Le brio
Réalisateur : Yvan Attal
Article mis en ligne le 6 janvier 2018

par Julien Brnl
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➡ Vu au cinéma Caméo des Grignoux - Sortie du film le 22 novembre 2017

Signe(s) particulier(s) :

  • cinquième film d’Yvan Attal, et premier dans lequel il ne se met pas en scène ;
  • le film a été tourné en grande partie au sein de l’Université d’Assas à Paris.

Résumé : Neïla Salah a grandi à Créteil et rêve de devenir avocate. Inscrite à la grande université parisienne d’Assas, elle se confronte dès le premier jour à Pierre Mazard, professeur connu pour ses provocations et ses dérapages. Pour se racheter une conduite, ce dernier accepte de préparer Neïla au prestigieux concours d’éloquence. A la fois cynique et exigeant, Pierre pourrait devenir le mentor dont elle a besoin… Encore faut-il qu’ils parviennent tous les deux à dépasser leurs préjugés.

La critique

Après les très décevants « Do Not Disturb » (2012) et « Ils Sont Partout » (2016), Yvan Attal revient à du cinéma plus classique avec « Le Brio », dans lequel il dirige pour la première fois Daniel Auteuil, ainsi que Camélia Jordana. Auteuil interprète un professeur de Droit bougon qui, après avoir eu des propos diffamatoires (voire racistes) à plusieurs reprises en plein cours, devra se racheter une conduite. Il devra alors aider l’une de ses élèves, la farouche Neïla Salah (Camélia Jordana) débarquant des cités de Créteil avec tout son « accoutrement », à remporter le grand concours d’éloquence, et ainsi représenter son université, sauf que cette dernière ignore les intentions cachées derrière l’attrait soudain d’un prof pour sa personne...

De cette rencontre, le réalisateur confronte deux visions d’origines sociétales différentes, desquelles les personnages devront faire obstacle à leurs préjugés, avec comme point d’orgue l’art de parler. Il n’est ainsi pas question ici d’axer l’histoire sur les difficultés de vivre dans les cités parisiennes, mais plutôt de confronter deux personnalités d’environnements différents, qui doivent, pour des raisons différentes (et pas totalement établies entre eux dès le départ), travailler ensemble. D’ailleurs, ces circonstances non établies auront, inévitablement, leurs conséquences dans la joute finale du film, à la veille de la dernière étape du concours.

« Le Brio », c’est un bel exercice de rhétorique cinématographique, qui met en valeur la langue française et ses richesses, ici présentées de manière oratoire, au travers de ce concours. D’ailleurs, les universités et les écoles multiplient ce type de compétition, aidant leurs étudiants à s’exprimer et structurer leurs pensées, même si la visée est autre que de former de futurs avocats. Ici, force est de constater que le matériel est fouillé, et renvoi à des notions abstraites et peu connues du grand public, telles que la tirade de Brutus dans le « Jules César » de Shakespeare, ou encore aux propos de « L’art d’Avoir Raison » d’Arthur Schopenhauer. Heureusement, à côté des monologues, des différentes étapes du concours, ou encore des duels verbaux entre les deux personnages principaux, Attal permet au récit des respirations nécessaires et enlevées, notamment celles concernant la relation très proche entre Neïla et Mounir (Yasin Houicha), sans tomber dans l’idylle poussive. De même qu’il utilise sa caméra en variant les axes et les valeurs des champs et contre champs, afin de permettre de vivre au-delà de ses bons mots et stratagèmes oratoires.

Outre un final démonstratif, qui appuie la qualité de l’enseignement reçu malgré les propos cyniques de l’enseignant, « Le Brio » est une « dramédie » bien fournie en termes de dialogues, portée par des acteurs en parfaite adéquation. Si l’on n’évite pas l’attendu, on passe un bon moment avec en toile de fond une compétition pointilleuse, abordée autour de sujets actuels, et mettant en lumière l’inexistence de toute frontière lorsque l’on parle de transmission.

13/20

Diaporama

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Bande-annonce :

Lien vers la critique de Cinécure



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