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CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Les critiques de Julien Brnl
🎬 Le Musée des Merveilles / Wonderstruck Movie
Réalisateur : Todd Haynes
Article mis en ligne le 6 janvier 2018

par Julien Brnl
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➡ Vu au cinéma Caméo des Grignoux - Sortie du film le 20 décembre 2017

Signe(s) particulier(s) :

  • adaptation du roman illustré pour enfants « Wonderstruck » de Brian Selznick (2011), à qui l’on doit aussi « L’Invention d’Hugo Cabret » (2007), également adapté au cinéma par Martin Scorsese en 2011 ;
  • présenté en Compétition officielle lors du dernier Festival de Cannes, où il a ému la critique ;
  • l’équipe a eu l’autorisation de tourner au Muséum d’histoire naturelle de New York sous certaines conditions très strictes.

Résumé : Sur deux époques distinctes, les parcours de Ben et Rose. Ces deux enfants souhaitent secrètement que leur vie soit différente ; Ben rêve du père qu’il n’a jamais connu, tandis que Rose, isolée par sa surdité, se passionne pour la carrière d’une mystérieuse actrice. Lorsque Ben découvre dans les affaires de sa mère l’indice qui pourrait le conduire à son père et que Rose apprend que son idole sera bientôt sur scène, les deux enfants se lancent dans une quête à la symétrie fascinante qui va les mener à New York.

La critique

C’est la première fois que le réalisateur Todd Haynes (à qui l’on doit le récent « Carol ») centre un film autour d’une histoire vécue par des enfants. Pour l’occasion, il adapte le roman « Wonderstruck », que l’on pourrait traduire littéralement par « émerveillé ».
Comme d’accoutumée, le réalisateur soigne son travail de reconstitution de l’époque, étant donné que le récit suit simultanément deux enfants nés à un demi-siècle d’intervalle, qui souhaitent secrètement que leur vie soit différente. Il y a tout d’abord Rose (dans les années 1920), sourde de naissance, qui se passionne pour une mystérieuse actrice, et Ben (dans les années 1970), sourd suite à un accident, à la recherche de son père qu’il n’a jamais connu... Tous deux se retrouveront alors à New York, dans une quête initiatique à la recherche de réponses...

Alors que les enfants marchent sur les mêmes pas à cinquante ans d’écart, Todd Haynes embarque sa caméra dans un voyage qui ne manque pas de séduction.
En effet, ce dernier utilise des procédés cinématographiques distincts pour raconter ces deux histoires, pourtant bien imbriquées l’une dans l’autre... D’un point de vue esthétique, tout d’abord, où celle de Rose est tournée en noir et blanc, tandis que celle de Ben, en couleurs. Alors qu’il joue de magnifiques contrastes, le réalisateur se permet aussi quelques visions oniriques, et joue notamment sur la notion d’échelle, en filmant une maquette géante pour filmer la « Big Apple ». La photographique d’Edward Lachman (grand fidèle de Haynes) fait donc une nouvelle fois... des merveilles.

Le travail du son est également particulièrement soigné, notamment lors des péripéties de Rose, puisqu’il joue sur les silences accompagnés de partitions d’orchestre, alors qu’on laisse plutôt entendre la vie new-yorkaise des années septante concernant Ben. De plus, le réalisateur a eu l’excellente idée de narrer les péripéties de Ben avec le "Space Oddity de David Bowie.

Concernant le montage en parallèle, on ne peut s’empêcher de chercher le lien qui lie ces deux enfants, avant que le cinéma de Todd Haynes ne nous le dévoile, par indices, au fur et à mesure de sa mise en scène, peu conventionnelle donc, en ce qui concerne le cinéma destiné aux enfants. C’est là que le film tire son épingle du jeu, dans sa manière de raconter une histoire, finalement assez simple dans son dénouement, et aux enjeux assez légers. D’ailleurs, certains passages du film laissent paraître quelques moments de platitude, au regard des chemins parfois anecdotiques pris par les jeunes, ainsi que par le côté naïf de leur âge, tandis que l’émotion reste en surface.

Todd Haynes permet de révéler le talent brut de la jolie Millicent Simmonds, repérée dans une école spécialisée pour les sourds, soit la Mueller Park Junior High School. En effet, la jeune actrice est sourde de naissance, ce qui permet un réalisme d’autant plus troublant dans le périple de son personnage. Oakes Fegley a, quant à lui, déjà tourné au cinéma, notamment dans « Peter et Elliott le Dragon », sorti en 2016. Dans le film, le fait que les deux jeunes héros soient sourds aide à appréhender le monde qui les entoure sous un autre regard, tandis qu’ils devront redoubler d’efforts pour arriver à atteindre leur but, et se faire comprendre, malgré leur handicap.

« Le Musée des Merveilles » est un voyage sensoriel et psychédélique au pays de l’enfance, entre dure réalité et imaginaire, à travers une mise en scène particulièrement réussie, pour un hommage au cinéma muet d’antan. Si la portée du film n’est malheureusement pas assez forte, notamment en termes d’émotions, pour être une grande œuvre, le film est tout de même un émerveillement, à voir en famille, mais à partir de douze ans.

14/20

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Bande-annonce :

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