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CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Les critiques de Julien Brnl
🎬 Laissez bronzer les cadavres
Réalisateurs : Hélène Cattet et Bruno Forzani
Article mis en ligne le 16 janvier 2018

par Julien Brnl
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➡ Vu au cinéma Caméo des Grignoux - Sortie du film le 10 janvier 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • après des courts-métrages (auto-produits pour la plupart), Hélène Cattet et Bruno Forzani, un diptyque féminin/masculin autour du désir et du giallo, réalisent ici leur troisième film ;
  • adaptation du premier roman de Jean-Patrick Manchette, du même titre, écrit en collaboration avec Jean-Pierre Bastid ;
  • en 2014, Bruno Forzani et Hélène Cattet reçoivent 500 000 euros d’aide à la production de la Communauté française Fédération Wallonie-Bruxelles pour ce dernier projet.

Résumé : La Méditerranée, l’été : une mer d’azur, un soleil de plomb… et 250 kilos d’or volés par Rhino et sa bande ! Ils ont trouvé la planque idéale : un village abandonné, coupé de tout, investi par une artiste en manque d’inspiration. Hélas, quelques invités surprises et deux flics vont contrecarrer leur plan : ce lieu paradisiaque, autrefois théâtre d’orgies et de happenings sauvages, va se transformer en un véritable champ de bataille… impitoyable et hallucinatoire !

La critique

Le duo Cattet et Forzani (cinéastes français vivant à Bruxelles) est enfin retour avec leur univers très particulier, lequel comptait jusqu’à présent deux films, « Amer » (2010) et « L’Étrange Couleur des Larmes de ton Corps » (2014). À travers ces deux premiers films, le duo rendait hommage au giallo, ce cinéma de genre principalement italien, à la frontière du cinéma policier, horrifique et érotique, riche d’un visuel coloré et diabolique, de musiques inhabituelles, de décors lugubres et de jeux de caméra schizophréniques et stylisés, le tout baigné dans de grandes scènes de meurtres excessivement sanglantes. En soi, un genre à part entière, pour un duo de réalisateurs hors du commun. Avec »Laissez Bronzer les Cadavres" (adaptation du premier roman de Jean-Patrick Manchette), ils restent ainsi fidèles aux piliers fédérateurs de leur style, ils s’attaquent ici, avec audace, au western européen à la sauce polar.

Grâce à ce bouquin, force est de constater que Cattet et Forzani ont ainsi trouvé une jolie source d’inspiration à la mesure de leur cinéma, au travail visuel et auditif léché, et où la symbolique ultra-appuyée se paie une nouvelle part d’importance à l’écran. Et comme à leur habitude, c’est aussi du côté du scénario que le bas-blesse, où il est ici question d’un règlement de comptes armé entre des bandits (ayant pris en otage de bien drôles de personnes) et deux policiers, le tout dans un décor paradisiaque de la Côté d’Azur, sous un soleil de plomb.

Entre du Sergio Leone, Sam Peckinpah et Quentin Tarantino, « Laissez Bronzer les Cadavres » est un film qui transpire, qui gicle et dérouille ! Un exercice de style extrêmement maîtrisé, où tout est pensé. Une œuvre expérimentale pour le spectateur, alors pris en flagrant délit par tout ce que le film a à lui offrir, de sa mise en scène pétaradante (tout comme dans le livre, l’intrigue se déroule sur une seule journée, divisée en plusieurs chapitres, indiquant l’heure de l’action à la minute près) et sans temps-mort, au travail parfois éreintant du son (les personnages ont la détente facile, tandis que le cuire ne cesse de craquer), en passant par son orgie visuelle, ou encore son utilisation abusive de la symbolique et de l’hallucination.

C’est un film techniquement généreux, qui ne lésine pas sur les effets de genre, au risque de (vite) désarçonner le spectateur par son trop-plein, très répétitif, et non aidé par des enjeux scénaristiques absents. Une œuvre à ne pas mettre devant tous les regards, mais plutôt devant celui du cinéphile avertis, qui risque pourtant aussi l’overdose du fétichisme de ses réalisateurs pour le polar italien des années 70.

12/20

Diaporama

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Lien vers la critique de Cinécure



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