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CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Les critiques de Julien Brnl
🎬 Jalouse
Réalisateurs : David Foenkinos et Stéphane Foenkinos
Article mis en ligne le 6 janvier 2018

par Julien Brnl
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➡ Vu au cinéma Caméo des Grignoux - Sortie du film le 27 décembre 2017

Signe(s) particulier(s) :

  • David et Stéphane Foenkinos décrivent « Jalouse » comme un subtil mélange entre « Tatie Danielle » (1990) et « Une Femme Sous Influence » (2000) ;
  • après avoir co-adapté son roman « La Délicatesse » au cinéma en 2011 (avec Audrey Tautou et François Damiens), ainsi que « Les Souvenirs » en 2015 (avec Michel Blanc et Annie Cordy), voilà que l’écrivain David Foenkinos co-adapte ici son premier scénario original pour « Jalouse ».

Résumé : Nathalie Pêcheux, professeure de lettres divorcée, passe quasiment du jour au lendemain de mère attentionnée à jalouse maladive. Si sa première cible est sa ravissante fille de 18 ans (Mathilde, danseuse classique), son champ d’action s’étend bientôt à ses amis, ses collègues, son ex-mari et sa nouvelle compagne... Entre comédie grinçante et suspense psychologique, la bascule inattendue d’une femme.

La critique

Dire que « Jalouse » n’a pas été écrit pour Karin Viard relèverait de l’euphémisme. En effet, l’actrice trouve ici parfaites chaussures à ses pieds avec ce scénario de David Foenkinos (l’écrivain), et s’en donne jusqu’à nous faire pleurer de rire dans la peau de Nathalie, quinquagénaire pré-ménopausée, maladive de la réussite des autres.
C’est que les frères Foenkinos (« La Délicatesse ») n’ont pas lésiné sur le caractère extrême de leur personnage, sans pour autant lui enlever son côté humain, ce qui fait aussi tout son intérêt. Mais rien n’y fait : Nathalie ne peut s’empêcher, inconsciemment, de déverser son mal-être sur autrui, par mépris, et jalousie !

Viard est on ne peut plus généreuse dans son rôle, taillé sur-mesure pour elle par les frères. Parsemé de dialogues bien tranchés (écrits par David), leur alliance crée des étincelles. Ainsi, cette situation de vie amène son lot d’humour mordant, embarrassant (la jalousie qu’une mère peut ressentir vis-à-vis de sa fille), voire glauque (on lorgne parfois avec le thriller psychologique), au regard des agissement parfois démesurés du personnage principal. Mais pas que, puisque s’il est question d’une comédie à l’humour incisif, « Jalouse » n’en demeure pas moins le portrait corsé d’une femme en crise totale de nerfs, en proie à ses propres démons (le divorce, le « céliba », la routine). On se prend ainsi d’empathie pour Nathalie, elle qui, sur le fait, ne se rend pas compte de l’ampleur de sa crise existentielle, mais s’excuse aussitôt l’esprit éclairé. C’est donc d’un personnage complexe dont il est ici question, et non pas d’une caricature de la femme aigrie, qui aime dire des choses négatives et descendre les autres par plaisir. Outre Nathalie, l’écriture du film laisse d’ailleurs vivre (malgré les vacheries de Nathalie) l’entourage de son personnage, en interrogation, mais surtout bienveillance envers elle (qu’ils soient touchés de près ou de loin par ses attaques), ce qui prouve bien son humanité à part entière.
« Jalouse » amuse par la qualité de ses répliques, dont notamment le célèbre « je ne peux pas, j’ai piscine », qui pointe ici le bout de son nez avec pertinence, et non pas dans le contexte d’une excuse bidon. Ainsi, grâce à une écriture fine, « Jalouse » est un film très drôle, comme touchant, autour d’une personnalité aussi odieuse qu’attachante.

Cependant, le film aborde des thèmes (parfois tabous) sans pour autant les résoudre, ou si ce n’est via des ellipses supposées. De même, la guérison du personnage laisse à désirer par son traitement pour le moins expéditif. Mais ne boudons pas notre plaisir !

Karin Viard est ici au sommet de son art, dans une tragi-comédie bien huilée autour d’un sujet principal au traitement à la fois corrosif et respectueux (pour la femme qu’elle interprète), et auquel les frères Foenkinos apportent toute leur délicatesse.

15/20

Lien vers la critique de Cinécure



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