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CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Les critiques de Julien Brnl
🎬 Insidious 4 : la Dernière Clé
Réalisateur : Adam Robitel
Article mis en ligne le 16 janvier 2018

par Julien Brnl
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➡ Vu au cinéma Acinapolis Jambes - Sortie du film le 10 janvier 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • quatrième volet de la franchise « Insidious », dont les événements se déroulent directement après ceux de l’épisode 3, c’est-à-dire lorsqu’Elise et ses compères Specs et Tuckers viennent de fonder la société « Spectral Sightnings » ;
  • Leigh Whannell, le scénariste des films et co-réalisateur de la franchise avec James Wan (excepté pour ce film où c’est le réalisateur Adam Robitel qui s’en est chargé), reprend son rôle de Specs, l’un des deux chasseurs de fantômes aidant Elise dans ses missions ;
  • il s’agit de la seconde réalisation du réalisateur Adam Robitel après « L’Étrange Cas de Déborah Logan » en 2014, lui qui avait aussi scénarisé « Paranormal Activity 5 : Ghost Dimension ».

Résumé : Le docteur Elise Rainier, la brillante parapsychologue, va affronter le cas le plus effrayant et le plus personnel de son histoire : elle doit intervenir dans sa maison d’enfance, où le demon qui hantait Elise dans le passé, semble être revenu…

La critique

Après un troisième épisode en bonne et due forme (mais premier dans l’ordre chronologique), la franchise initiée par James Wan est de retour (lui qui a également crée le succès indéniable de celle de « Saw » ou « Conjuring », dont ses films dérivés), avec une nouvelle aventure qui attend notre désormais célèbre parapsychologue (et ses compères), Elise, après qu’elle ait accepté d’utiliser ses pouvoirs surnaturels afin d’aider des innocents, et cela à l’issue du cas Quinn Brenner. Dans cette suite, Elise devra faire face au démon Key Face, qui sévissait dans sa maison d’enfance, l’occasion pour nous de découvrir l’origin-story de ses pouvoirs, à travers de nombreux flash-back...

« Insidious : la Dernière Clé » surfe d’emblée sur la recette de la franchise, à savoir une ambiance gothique assumée, des démons effrayants, et des « jump scares » en veux-tu, en voilà. Une fois n’est pas coutume, les protagonistes devront faire face en un démon particulièrement impressionnant, Key Face, dont les doigts sont prolongés de passe-partout, qu’il utilise pour paralyser et tuer ses victimes. Du nom de la ville dans laquelle Elise a grandi, « Five Keys », jusqu’à la prison (et ses nombreuses portes) juxtaposant son ancienne maison (et dont le père était le directeur adjoint), tout semble se rapporter à ce démon, campé avec succès par Javier Botet, cet acteur espagnol souffrant d’hyperlaxité, lui permettant dès lors de camper les monstres vus dans « [REC.] », « Mama », « Crimson Peak » ou encore dans « Ça », suite à une silhouette élancée et filiforme, et sa souplesse anormalement développée.

Si l’on découvre volontiers le passé d’Elise (en remontant en 1954), en regard de son avancée dans l’affaire sur laquelle elle travaille dans cette maison du Nouveau-Mexique, le scénario de cet épisode tente de nous surprendre en plein milieu du film, avec une sous-intrigue plus terre-à-terre, et judiciaire, mais malheureusement pas assez approfondie, voire grotesque. Malgré cela, force est de constater que la mise en scène permettait d’appuyer cette idée avec une jolie flexibilité dans son récit, mais en vain. Il en est de même pour ce nouveau démon, Key Face, bien trop facilement expédié, et dont on ne saura que trop peu de choses. Heureusement, le scénario de Whannell a quand même du bon, notamment les clins d’oeil en tant réel au premier film de la franchise, dont les évènements commencent (commençaient) à la fin de cet épisode... Vous suiviez ?

Là où le film trouve aussi des clés avec lesquelles il ouvre des portes, c’est au niveau du beau travail artistique réalisé (décors, effets visuels, lumière) : de cette maison qui n’a pas changé en un demi-siècle, au couloir de cette prison inhospitalière, tout est pensé pour ne pas mettre le spectateur en position de confort. D’ailleurs, le film jouera plus avec la tension du spectateur qu’il ne lui fera peur. Oui, certains « jump scares » font leur bel effet, mais d’autres, lorsqu’ils doivent arriver, ne viennent pas.

Dans l’ensemble, cet « Insidious 4 : la Dernière Clé » déçoit par la tenue de son scénario, maladroit malgré sa volonté de gagner en profondeur, et ne renouvelant finalement pas la franchise. On reste ainsi globalement en surface de ce qu’il propose, tandis qu’il ne caractérise jamais vraiment ses nouveaux personnages, en centrant ses propos sur la vulnérable Elise, et ses deux acolytes lourdingues. Bref, les fans trouveront sans doute leur compte, sans être trop exigeants.

9/20



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