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CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Les critiques de Julien Brnl
🎬 Happy End
Réalisateur: : Michael Haneke
Article mis en ligne le 7 novembre 2017

par Julien Brnl
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➡ Vu au cinéma Caméo des Grignoux - Sortie du film le 11 octobre 2017

Signe(s) particulier(s) :

  • sélectionné en compétition officielle lors du dernier Festival de Cannes ;
  • quatrième collaboration entre Isabelle Huppert avec le réalisateur autrichien, et seconde avec l’acteur Jean-Louis Trintignant.

Résumé : « Tout autour le monde, et nous, au milieu, aveugles. » Instantané d’une famille bourgeoise, les Laurent, à Calais, refusant de voir la crise des migrants, ainsi que leur vérité en face. La famille est alors perturbée par l’arrivée d’Eve, la jeune fille de Thomas, docteur et fils de George Laurent, un vieil homme aigri et suicidaire...

La critique

Pour son nouveau film après les palmés « Le Ruban Blanc » (2009) et « Amour » (2012), Michael Haneke revient avec le portrait d’une famille dysfonctionnelle de petits-bourgeois, à Calais, dans laquelle chacun des membres cache un secret inavouable, jusqu’à l’arrivée de la petite-fille du patriarche de la famille, qui va alors remuer tout le capharnaüm en putréfaction de la famille Laurent.

« Happy End » n’est pas le genre de film qui vous fera passer un agréable moment de cinéma. C’est plutôt une douche froide, qui met en images l’absence de sentiments et l’aspect poli, mais complètement faux, des familles d’une certaine classe. Même s’il ne faut pas généraliser, Haneke connaît son sujet, étant donné que le réalisateur « ne s’attaque qu’à ce qu’il connaît ». Derrière ce parti-pris scénaristique, se cache ainsi une exposition de certaines choses qui ne va pas au sein de notre société, et de ce à quoi peut aboutir une certaine répartition des classes, en l’occurrence ici au sein d’une famille aisée.

La mise en scène est ici complètement glaciale, terne, et repose énormément sur ses dialogues mornes, mais aux contenus dérangeants, qui laissent dès lors non-indifférents, tant ils transcendent l’ignorance de ces personnes pour autrui. Centrés sur eux-mêmes, ces membres de « bonne » famille vivent alors comme de véritables inconnus, bien trop renfermés pour partager, aveuglés par l’image qui leur colle à la peau depuis toujours, et avec laquelle ils doivent jouer. On parvient à cerner chacun des personnages (étant donné qu’ils ont chacun droit à leurs moments à l’écran), et ainsi à mettre une étiquette sur leur mal-être au sein de cette famille.

Qui dit secrets inavouables (dont certains inappropriés pour l’occasion, mais là n’est pas l’important), dit malaises... Outre par son écriture, le réalisateur parvient à nous les faire ressentir grâce à sa caméra, qui fixe au plus près ses acteurs, tout en utilisant d’autres ressorts imagés appuyant la froideur de sa mise en scène, comme une conversation sur un réseau social, des images filmées par une caméra de surveillance, ou encore une série de plans filmés avec un téléphone portable. Les acteurs, eux, sont très bons, et incarnent de manière stoïque leurs personnages névrosés.

Morne et stérile, ce film pourrait très bien être ressenti par la majorité d’entre vous comme une satire qui fait son malin, et qui parle beaucoup pour ne rien dire. Ce n’est pas vraiment faux, bien qu’avec ce coup de scalpel sur l’hypocrisie et les faux-semblants en milieu bourgeois, Haneke réussi à toucher du doigt l’essentiel de sa démarche, en évitant globalement la caricature. On quitte dès lors la séance avec le ressenti d’avoir bien compris ce à quoi il voulait en venir.

En résumé, « Happy End » n’est pas du cinéma très accessible. Avec sa mise en scène plombante, le film emprunte un chemin dévitalisé pour nous offrir une satire sociale qui, si elle tire dans le mille, tarde à nous faire ressentir ses effets. On ne ressort pourtant pas intacte de cette œuvre, qui avance « en silence », et nous livre alors une allégorie pince-sans-rire et cynique sur le monde de la bourgeoisie.

14/20

Diaporama

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Bande-annonce :

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