Bandeau
CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Les critiques de Julien Brnl
🎬 Hannah
Réalisateur(s) : Andrea Pallaoro
Article mis en ligne le 22 avril 2018
dernière modification le 26 avril 2018

par Julien Brnl
logo imprimer

➡ Vu au cinéma Caméo des Grignoux - Sortie du film le 14 mars 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • Coupe Volpi de la meilleure interprétation féminine pour Charlotte Rampling à la dernière Mostra de Venise.

Résumé : Le portrait intime d’une femme qui, alors que son mari est emprisonné, oscille entre le faux confort du déni et la confrontation à la réalité.

La critique

Pour son second long-métrage, le réalisateur italien Andrea Pallaoro nous confronte au quotidien d’une femme, et de ses tourments. Tandis que son mari vient d’entrer en prison (pour des raisons non établies), et que ses enfants ne veulent plus lui parler, Hannah divague à ses occupations journalières, se refusant involontairement une existence...

Si le but de ce drame est de plomber l’ambiance et le moral, alors c’est réussi. Par ses longs plans fixes sur son personnage principal, mais aussi ses couleurs ternes, ses silences, ou sa direction d’acteurs, « Hannah » est un film totalement austère, qui n’offre aucune once de plaisir.

Faudrait-il au moins que l’on s’interesse à son rôle principal, pour au moins en ressentir de l’empathie... Or, la mise en scène se joue de quelques ellipses qui ne permettent pas de l’installer, ni de répondre à nos questions. Dès lors, on reste, malgré nous, à l’extérieur de son portrait.

Sans parler du scénario, monotone et pesant, dans lequel il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent. Si, Hannah boit un verre d’eau, se regarde dans le miroir, écoute ses voisins, va à des cours de théâtre, lave son chien, s’achète des fleurs et en prend soin, se rend à la piscine, ou encore jusqu’à la mer pour observer la carcasse d’une baleine fraîchement échouée... Bref, la caméra Andrea Pallaoro filme le quotidien aveuglé d’une femme et ses retranchements, sans jamais lui sortir la tête de l’eau, ni même lui apporter une quelconque lumière réconfortante. On est clairement dans une situation de fatalité étouffante.

Heureusement, c’est Charlotte Rampling qui porte ce rôle (elle qui n’a plus rien à prouver), en lui apportant un physique suffisamment fort, empêchant de passer à côté, mais en vain. « Hannah » ne parvient pas à capter notre intérêt envers son personnage, énigmatique, et beaucoup trop stoïque.

Rapidement, le spectateur ne souhaite qu’une seule chose face à l’expérience de ce « Hannah » : quitter la salle, et retrouver son monde.

10/20



RSS

2014-2018 © CINECURE - Tous droits réservés
Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL 4.0.65