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CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Les critiques de Julien Brnl
🎬 Geostorm
Réalisateur : Dean Devlin
Article mis en ligne le 2 novembre 2017

par Julien Brnl
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➡ Vu au cinéma Acinapolis Jambes - Sortie du film le 01 novembre 2017

Signe(s) particulier(s) :

  • le réalisateur du film n’est autre que l’un des scénaristes de Rolan Emmerich, alias « Monsieur Catastrophe » à Hollywood (« 2012 », « Independence Day », « Le Jour d’Après »...) ;
  • l’idée d’une machine contrôlant le climat vient de la fille du réalisateur, qu’il l’a alors interrogé sur le phénomène du changement climatique ;
  • le film n’a jamais cessé d’être repoussé par son distributeur pour sa sortie en salles, et cela depuis août 2014 ;
  • l’affiche du film fait indéniablement penser à celle du film « Inception » de Christopher Nolan, tous deux des films de la Warner, assurant donc la promo de l’un, comme de l’autre.

Résumé : Grâce à une coopération sans précédent entre États, un réseau de satellites contrôle désormais le climat et protège les populations. Jusqu’à ce que le dispositif se dérègle… S’agit-il d’un complot ou d’une faille dans le système ? S’engage alors une véritable course contre la montre…

La critique

Comme chaque année, le spectateur lambda a droit à son film à catastrophes naturelles, où la Terre est sujette au pire, suite au dérèglement climatique. Des films grandiloquents, à gros budget, où tout explose, et dans lesquels le danger, le patriotisme, le courage, l’amour filial et surtout l’héroïsme sont les thèmes (sous)développés.

Cette année-ci, place à « Geostorm », par un novice de la réalisation, Dean Devlin, qui n’est autre que l’un des scénaristes de Rolan Emmerich (que l’on ne présente plus).

Dans ce film, il est question d’un réseau de satellites contrôlé par le « Dutch Boy », une machine et base spatiale imaginée par un seul homme (Gérard Butler), mais née d’une coopération sans précédent entre États. Situé à quatre-cents kilomètres de la Terre, ce dispositif canalise les tempêtes quelconques, et protège ainsi les populations terrestres. Sauf que, depuis peu, ce dernier se dérègle anormalement, et qu’un seul homme (avec beaucoup d’aide sur le côté) pourra sauver la Terre d’une « géotempête » (soit un ensemble de tempêtes, qui en entraîneront d’autres à la chaîne)... On vous laisse découvrir qui est ce messie, sauveur de l’humanité...

« Geostorm » n’est pas ce qu’on a vu de pire dans l’univers des films « sur la fin du monde ». Visuellement, le film est bien garni, mais il lui est impossible tenir des scènes impressionnantes, étant donné que le film tente de retarder le pire que l’on puisse voir... On aura droit ainsi à quelques scènes d’explosions, de tornades, de raz-de-marrées, mais jamais au point de nous scotcher dans notre siège. À vrai dire, le film fait visuellement pâle figure face aux films du genre, tels que « 2012 », ou « Le Jour d’Après ». Et pour ses scènes spatiales, « Geostorm » sonne énormément comme un sous « Gravity » (de Alfonso Cuarón).

Mais par son scénario, « Geostorm » est plus occupé à bavarder, qu’à tout détruire, ce qui est assez intéressant pour un film à gros budget. En effet, une grosse partie du film se concentre sur un complot politique, que les protagonistes tentent ainsi de déjouer, sur Terre, comme dans l’espace... Malheureusement, les raisons de cette machination sont totalement nauséabondes, et stupides. Vendant une Amérique suprême, et visant une place bien nommée, les propos dévoilés par le responsable de cette folie sont dérisoires, et frôlent le fou rire. Bref, on n’y croît pas une seule seconde, d’autant plus que le film ne nous épargne aucun poncif. Pourtant, les secondes passent, alors qu’on a trop peu de choses valables à se mettre sous la dent. Heureusement, les acteurs tentent de limiter les dégâts, dont Abbie Cornish, et Gérard Bulter, qui semble être bien l’un des seuls à croire au scénario (et il faut savoir le faire), et donc en cette technologie, ultra-sophistiquée qu’est le « Dutch Boy », mais n’ayant notamment pas prévu l’arrêt de son auto-destruction...

« Geostorm », c’est le genre de film qui nous bassine avec un discours du début à la fin, mais qui se permet de le modifier, en un claquement de doigts... C’est à la fois irritant, et marrant, tant ça renforce le côté nanar de l’ensemble, alignant d’ailleurs une multitude d’incohérences renversantes...

Bref, pour faire simple, disons que « Geostorm » est un film dépassé visuellement dans son genre, agrémenté d’un scénario qui ne tient pas la route, alignant le déjà vu, et où les enjeux scénaristiques reposent sur des éléments dérisoires. On a bien l’impression d’avoir vu un film à catastrophes naïf et de l’ancien temps, mais parlant d’un futur proche...
8/20



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