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CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Les critiques de Julien Brnl
🎬 Drôle de Père
Réalisatrice : Amélie van Elmbt
Article mis en ligne le 28 novembre 2017

par Julien Brnl
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➡ Vu au cinéma Le Churchill des Grignoux - Sortie du film le 22 novembre 2017

Signe(s) particulier(s) :

  • second film de la réalisatrice namuroise Amélie Van Elmbt, après « La Tête la Première » en 2013, présenté quant à lui à Cannes dans la catégorie ACID, soit l’aide au cinéma indépendant ;
  • Prix de la critique et Prix Cinevox lors du dernier Festival International du Film Francophone de Namur.

Résumé : Après cinq années d’absence où il a voyagé pour apprendre la cuisine, Antoine revient à Liège, bien décidé à ouvrir son propre restaurant. Mais le retour s’avère plus difficile que prévu. L’état de santé de sa mère s’est aggravé. Antoine est pris de remords. Il pense à Camille, la femme qu’il a aimée et la mère de leur petite fille Elsa qu’il n’a jamais rencontrée. Il se décide à aller la voir, mais lorsqu’il frappe à sa porte, Camille est sur le point de partir pour un voyage d’affaires important. Elle attend la baby-sitter qui tarde à arriver. Camille panique et demande à Antoine d’attendre la baby-sitter pour ne pas rater son avion. Pris au dépourvu, Antoine accepte. Il est bien loin de s’imaginer que la baby-sitter n’arrivera jamais et qu’il va se retrouver seul face à sa fille pendant trois journées d’été.

La critique

C’est d’un film intime et lumineux dont nous fait part ici la réalisatrice namuroise Amélie Van Elmbt, après son premier essai « La Tête la Première », il y a déjà quatre années. Avec « Drôle de Père », elle questionne le lien de paternité entre un père et son jeune enfant, qu’il n’avait alors encore jamais rencontré, tout en misant sur la magie de la composition de l’imprévu (étant donné que ce père devra être à même de s’en occuper suite à un quiproquo).

Malgré un début un peu trop minimaliste, le film prend forme, petit à petit, le long de ces trois jours d’été. Elsa découvre alors son papa qu’elle ne connaissait pas, et dès lors les joies d’avoir aussi un papa, tandis qu’Antoine apprend à devenir père, et prend conscience des responsabilités que cela engendre (même s’il sera toujours loin d’être au point au bout de ces quelques heures). Le film met alors en place une relation où l’innocence et la tendresse se bousculent de la naissance de ce drôle de duo, duquel éclot du regard de ses personnages des milliers d’étoiles.

Si le film dégage tant de bienveillance, c’est certes grâce au regard que porte la réalisatrice sur son histoire (l’ouverture plutôt que le remord), mais surtout par le jeu tout en délicatesse de ses acteurs, avec en premier lieu la très jeune Lina Doillon (qui n’est autre que la fille de la réalisatrice), le mystérieux, et tout en retenue, Thomas Blanchard (le papa), ou encore Judith Chemla (la maman), beaucoup moins présente à l’écran, mais dont le rôle occupe pourtant une part importante dans l’histoire. En effet, le métrage, bien plus profond qu’il n’y paraît, nous immisce aussi dans le silence de ce couple séparé. Sans poser de jugement, le film nous offre le bénéfice du doute quant aux causes de leur situation (est-ce lui et/ou elle qui est parti(e) ?), et cela avec beaucoup de justesse. De plus, dans la dernière partie du film, la réalisatrice joue aussi de quelques petites astuces et objets de la vie de tous les jours venant chercher en nous cette petite pointe d’émotion, venant dès lors nous rappeler tous ces jolis moments passés, entre père et fille.

Co-produit par Martin Scorsese (vous avez bien lu) et les Films du Fleuve (la société des frères Dardenne), « Drôle de Père » est une ode à la douceur des sentiments affectifs, principalement ici paternels, et de manière bilatérale. Un film sans pathos, tout en simplicité.

13/20

Lien vers la critique de Cinécure



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