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CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Les critiques de Julien Brnl
🎬 Don’t Worry, He Won’t Get Far On Foot
Réalisateur(s) : Gus Van Sant
Article mis en ligne le 29 avril 2018

par Julien Brnl
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➡ Vu au cinéma Caméo des Grignoux - Sortie du film le 18 avril 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • adaptation de l’autobiographie éponyme du dessinateur John Callahan ;
  • cela fait plus de vingt ans que le réalisateur souhaite porter sur grand écran la vie du dessinateur John Callahan, alors que l’idée lui vient de Robin Williams (qu’il avait dirigé dans « Will Hunting » en 1997), qui avait acheté les droits de l’autobiographie de Callahan, afin de la produire et l’interpréter, tout en confiant la réalisation à Gus Van Sant ;
  • Rooney Mara incarne Annu, une thérapeute devenue hôtesse de l’air, et compagne de John Callahan, elle qui est en réalité un amalgame de plusieurs femmes qu’il a connues

Résumé : Même après avoir failli mourir dans un accident de la route lors d’une nuit de beuverie avec son ami Dexter, John Callahan n’a pas la moindre intention d’arrêter de boire. Il finit pourtant par suivre une cure de désintoxication, soutenu par sa compagne et un mentor charismatique, et se découvre alors un don inattendu… Il crée des dessins à l’humour noir, satirique et insolent, qui lui vaudront un succès international dès leur publication dans la presse. En dessinant, Callahan découvre une nouvelle manière de voir la vie…

La critique

Après son précédent et décrié film « Nos Souvenirs », présenté en compétition officielle lors du Festival de Cannes 2015, Gus Van Sant revient de loin, d’autant plus avec un projet qui date de plus de vingt ans.

Le voilà qu’il adapte enfin la biographie du dessinateur John Callahan, devenu tétraplégique à l’âge de 21 ans, suite à un accident de voiture, causé par son alcoolisme. Intitulé « Don’t Worry, He Won’t Get Far On Foot », il vous faudra vous entraîner à prononcer ce titre de film, que l’on vous conseille avant tout pour son casting, emmené par Joaquin Phoenix et Jonah Hill.

Histoire de rédemption d’un alcoolique devenu artiste, la plus grande qualité de ce drame biographique est aussi son plus grand danger, à savoir sa mise en scène, disloquée, au travers de laquelle le spectateur découvre son parcours, allant de sa déchéance, à sa résurrection. À vrai dire, le fait que l’histoire ne respecte pas la chronologie des événements pourrait ainsi perturber les émotions du spectateur, tandis que ce processus narratif est ici peu porteur de sens quant à ses propos, assez classiques dans son genre.

Des beuveries sans limites de John Callahan (Joaquin Phoenix), à ses réunions aux Alcooliques Anonymes, en passant par sa relation amoureuse avec Annu (Rooney Mara), ou encore son amitié avec son guide des Alcooliques Anonymes (Jonah Hill), Gus Van Sant adapte donc un épisode de la vie mouvementée de cet écorché, ayant fait de son malheureux une force d’inspiration.

Mais en se focalisant sur le combat de l’artiste contre l’alcoolisme, et donc sur une seule partie de son autobiographie, Gus Van Sant réalise un film limité dans son champ d’action, et de vision, en passant notamment à côté de l’œuvre de son anti-héros. Heureusement, « Don’t Worry, He Won’t Get Far On Foot » évite, à bien des égards, de s’apitoyer le sort de ce dernier, et cela en grande partie grâce à l’interprétation qui en découle.

En effet, une fois de plus, Joaquin Phoenix est tout bon, même dans un fauteuil roulant, tandis que Jonah Hill est sans doute la surprise du film, lui qui vous dressera très certainement les poils dans la peau de l’ami proche, et mentor thérapeutique, de Callahan. Une belle complicité se dégage ainsi de ce duo, duquel naîtra la métamorphose de son personnage principal, et la révélation du second.

C’est déjà la neuvième fois que Danny Elfman signe la musique d’une œuvre de Gus Van Sant, et cela n’est pas non plus pour nous déplaire, tant elle dynamise ici ce récit, traînant parfois des pieds dans sa narration.

« Don’t Worry, He Won’t Get Far On Foot » est de loin un film dont on pourrait ne pas se passer dans son genre, malgré sa douce retenue, mais suite à ses choix, offrant tout de même une corde supplémentaire à l’arc de ses acteurs, avec de beaux rôles sur-mesure.

13/20



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