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CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Les critiques de Julien Brnl
🎬 Diane a Les Épaules
Réalisateur : Fabien Gorgeart
Article mis en ligne le 27 décembre 2017

par Julien Brnl
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➡ Vu au cinéma Caméo des Grignoux - Sortie du film le 22 novembre 2017

Signe(s) particulier(s) :

  • premier long métrage de Fabien Gorgeart, après une série de courts métrages s’intéressant à la parentalité ;
  • film présenté en clôture du dernier Festival International du Film Francophone de Namur.

Résumé : Sans hésiter, Diane a accepté de porter l’enfant de Thomas et Jacques, ses meilleurs amis. C’est dans ces circonstances, pas vraiment idéales, qu’elle tombe amoureuse de Fabrizio.

La critique

Il est avant tout question ici d’un portrait de femme totalement libre, bien dans son temps, qui lorsqu’elle n’est pas serveuse dans un bar branché, retape la maison familiale dont elle vient d’hériter, elle dont l’épaule droit se déboîte au moindre effort... Avec son allure dégingandée et son caractère désinvolte, le personnage de Clotide Hesme va pourtant évoluer derrière la caméra de Fabien Gorgeart, qui signe ici son premier long.

Diane va en effet accepter de porter l’enfant d’un couple d’amis homosexuels, elle qui n’y voit aucun inconvénient (que du contraire), et qui n’a pas du tout la fibre maternelle en elle. Pourtant, de cette décision inconséquente, va, petit à petit, naître une abnégation pour autrui, des doutes et une remise en question, d’autant plus qu’elle tombera amoureuse de Fabrizio (Fabrizio Rongione), l’électricien venu l’aidée dans la maison familiale.

« Diane a les Épaules » est un film rayonnant de bout en bout, grâce à l’interprétation tantôt décalée, profonde, ou encore émouvant de Clotilde Hesme, parfaite dans son rôle, et qui porte d’ailleurs admirablement bien un enfant (elle était enceinte de son second lors des scènes de tournage dans la piscine - les plus belles du film). Cette gestation pour autrui va alors amener à ce qu’elle entraîne comme remises en question au niveau physique et psychologique, avec justesse et acceptation. Outre Diane et sa grossesse, le film assume aussi, mine de rien, l’idée que l’on se fait de la famille traditionnelle, alors que l’on vit dans une génération qui s’assume de plus en plus, et qui ose dresser ses codes. Ainsi, le film remet indirectement en cause le modèle patriarcal et les rôles attribués au père et à la mère. Et c’est d’autant plus réussi ici que l’on ne voit pas la chose arriver, tant elle est glissée ici avec simplicité, subtilité, ce qui fait de « Diane a Les Épaules » un film qui va au-delà de son pitch, et qui ouvre, appuie la voix, mais à sa manière. Enfin, le film rappelle aussi la primauté de la femme enceinte, entre choix et désir.

Au rythme d’une mise en scène traditionnelle dans le genre, où défilent les mois de grossesse et l’évolution de son personnage principal, le film reste avant tout une comédie douce-amère qui n’a pas la prétention, mais plutôt l’intelligence, de ne pas remettre en cause la GPA, mais plutôt d’en jouer pour nous montrer le chemin. Clotilde Hesme trouve ici un rôle à auteur de... ses épaules, jouant de son corps, burlesque, de son sourire, solaire, au service d’un personnage tout d’abord superficiel, avant de devenir, pour notre plus grand plaisir, empathique, avec tout ce qu’il engendre comme émotions suite à sa situation. En bref, un joli rôle pour un joli film.

14/20



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