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CINECURE est le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour les radios RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Les critiques de Julien Brnl
🎬 Breathe
Réalisateur(s) : Andy Serkis
Article mis en ligne le 26 avril 2018

par Julien Brnl
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➡ Vu au cinéma Caméo des Grignoux - Sortie du film le 28 février 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • premier film réalisé par l’acteur Andy Serkis (connu pour ses performances en motion capture), même s’il a été tourné après son « Mowgli », qui sortira finalement le 24 octobre 2018 après de nombreux retards ;
  • s’inspire de la vie de Robin Cavendish, défenseur britannique atteint de poliomyélite, paralysé du cou aux doigts de pied, mais qui, en dépit de sa condition, a lutté pour l’indépendance médicale des personnes paralysées, grâce à l’utilisation d’un fauteuil roulant équipé d’un ventilateur mécanique avec assistance respiratoire autonome ;
  • film produit par Jonathan Cavendish, qui n’est autre que le fils de Robin, lui qui est aussi le cofondateur, avec Andy Serkis, des studios Imaginarium.

Résumé : L’histoire vraie de Robin Cavendish, un homme brillant et aventureux, dont la vie prend une tournure tragique lorsqu’il se retrouve paralysé par la polio. Ensemble avec sa femme, Diana, ils luttent contre la maladie, et pour la vie des autres malades de polio.

La critique

Pour son premier film à sortir sur les écrans avant son « Mowgli » (dans lequel il retrouvera sa motion capture en « Baloo »), Andy Serkis réalise une biographie sur Robin Cavendish, ce britannique ayant souffert de la polio, mais ayant plaidé tout le restant de sa vie pour les personnes handicapées, notamment en développant des aides médicales leur donnant plus d’autonomie. Produit par le fils de Robin Cavendish, « Breathe », à défaut d’être transcendant, est un beau moment de cinéma biographique, et cela, pour diverses raisons.

Une fois de plus, Andrew Garfield est exemplaire dans son rôle, après avoir notamment tourné pour Mel Gibson dans « Tu ne Tueras Point », et pour Martin Scoresese dans « Silence ». On se demande comment cela se fait-il qu’il n’ait pas décroché une statuette pour ces dernières interprétations... Sans pathos, il incarne un Robin Cavendish valeureux, courageux, et terre-à-terre. Mais l’homme, avec cette maladie, n’aurait pas survécu bien longtemps sans la force de sa femme, Diana Blacker, qui l’a poussé à se battre pour la vie. Et c’est Claire Foy que l’on retrouve derrière ses traits, elle qu’on a l’habitude de voir jouer la Reine d’Angleterre dans la série « The Crown ». Avec son regard pénétrant, elle incarne l’épouse courageuse, fidèle et attentive (que n’importe quel homme rêverait d’avoir), malgré une condamnation à une vie de service. Mais qu’importe, c’est l’amour et la vie qui auront psychologiquement raison sur la maladie. Servi par un casting engagé au service de son sujet, « Breathe » ne peut dès lors que vous parler.

Malgré une réalisation classique et peu audacieuse, Andy Serkis réussit là où bien d’autres auraient échoué, c’est-à-dire à nous livrer un mélodrame romanesque d’une belle justesse dans ses émotions, et qui, au contraire de son lancement, n’a rien de l’hommage appuyé et larmoyant d’un fils à son père. Le scénario de William Nicholson, habitué aux figures combatives, ne cherche pas à mettre sur un piédestal la personnalité de Cavendish, mais plutôt à nous montrer (à travers lui, et sa femme) qu’il ne faut jamais baisser les bras (même s’ils sont paralysés), et que tous les combats sont bons à mener. On notera une jolie photographie d’époque par Robert Richardson (oscarisé pour celle de « JFK », « Aviator » et « Hugo Cabret »), une bande-originale soignée, ainsi qu’une mise en scène, somme toute convenue, mais agencée et saupoudrée par le savoir-faire de son équipe artistique, faisant dès lors éclore une œuvre résolument charmante, et envoûtante.

On ne dira pas que « Breathe » est un grand film, tant il copie la recette académique bien trop huilée d’un film biographique. Dès lors, il faudra attendre le second film du réalisateur pour vraiment parler de promesse. Mais il étonne ici, au regard de ses choix artistiques, tandis que son film, lui, touche, en faisant respirer la vie. Et ça, c’est déjà une belle réussite en soi.

14/20



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