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CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Les critiques de Julien Brnl
🎬 Barbara
Réalisateur : Mathieu Amalric
Article mis en ligne le 16 octobre 2017
dernière modification le 22 octobre 2017

par Julien Brnl
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➡ Vu au cinéma Caméo des Grignoux - Sortie du film le 06 septembre 2017

Signe(s) particulier(s) :

  • film d’ouverture de la catégorie Un Certain Regard lors du dernier Festival de Cannes, où il a remporté le Prix pour la poésie du cinéma.
  • Prix Jean Vigo 2017, récompensant le réalisateur pour son indépendance d’esprit, et son originalité de style ;
  • inspiré de deux œuvres, dont la première est le livre de Jacques Tournier « Barbara ou les Parenthèses », publié en 1968, et la seconde le documentaire de Gérard Vergez, filmé durant la tournée de Barbara en 1972.

Résumé : Une actrice va jouer Barbara, le tournage va commencer bientôt. Elle travaille son personnage, la voix, les chansons, les partitions, les gestes, le tricot, les scènes à apprendre, ça va, ça avance, ça grandit, ça l’envahit même. Le réalisateur aussi travaille, par ses rencontres, par les archives, la musique, il se laisse submerger, envahir comme elle, par elle.

Critique

La sixième réalisation de Mathieu Amalric a beau s’intituler « Barbara », elle n’en est pas pour autant un biopic classique sur la chanteuse. Mais venant de l’artiste, on n’en attendait pas moins...

On connaît tout l’amour de l’acteur et réalisateur pour la poésie, l’art, et leur force d’évasion qu’ils opèrent sur lui. Mais on ne connaissait pas encore l’admiration qu’il portait à Monique Andrée Serf, plus connue sous son nom de scène Barbara, à qui l’on doit notamment les classiques « Dis, quand reviendras-tu ? » ou encore « L’Aigle Noir ».

Dans l’optique de rendre hommage à la grande dame qu’elle était, Amalric s’est fait confiance, fidèle à lui-même, en cherchant donc une approche plus personnelle que celle du simple biopic.

On suit donc ici un réalisateur en tournage d’un film sur la chanteuse, campée par une actrice aux traits assez significatifs de l’artiste qu’elle tente d’interpréter.
En soi, le tournage du film est un personnage à part entière, puisque c’est lui qui dicte l’évolution du travail qu’effectuent le réalisateur et son actrice sur la personne de Barbara, au fil de la création du film, et de leur imprégnation qu’ils en font.
À travers des échanges entre directeur et actrice, des scènes filmées où l’actrice se fond dans la peau de la chanteuse, mais encore des tours de chants au piano, ou des images d’archives de la véritable chanteuse, « Barbara » fait avant tout dans l’évocation, plutôt que dans la démonstration.

L’amour de Mathieu Amalric pour la chanteuse est ici suggéré, que ça soit par le jeu des acteurs, la mise en scène jouant sur la chronologie, ou encore le choix des dialogues. En effet, il préfère ici filmer sa stupeur envers le talent de l’artiste, plutôt qu’un film sur ses origines ou sa carrière, comme s’il nous faisait ainsi revivre ce qu’il avait ressenti envers la chanteuse, mais à travers sa propre imagination. Dès lors, pas certains que les aficionados de la chanteuse apprécieront le film à sa juste valeur, puisque c’est avant tout un film intériorisé plutôt que brandissant.
Même si, selon elle, elle ne ressemble à la chanteuse, Jeanne Balibar est parfaite de mimétisme dans son rôle, que ça soit par sa voix, ses mimiques, sa manière de s’exprimer, de se tenir, etc. On est d’ailleurs confus à plus d’un tour par sa ressemblance avec Barbara, tout comme l’est le personnage de Mathieu Amalric dans le film, derrière sa caméra, en train de filmer son actrice, et plus globalement sa muse, si on sort du film.

Sans en dévoiler beaucoup sur Barbara, le film garde ainsi tout le mystère l’entourant, préférant le protéger, ou plutôt le garder pour le réalisateur lui-même. Dans son jeu de mise en abîme entre réalité et fiction, Amalric dresse un regard novateur dans le cinéma biographique, lui donnant un certain cachet, que les fans du réalisateur apprécieront très certainement.

Comment ne pas parler aussi de la photographie, signée par Christophe Beaucarne (un habitué chez Amalric), qui apporte beaucoup ici au travail de réalisation, jusqu’au générique final, très classe.

« Barbara » est un moment de cinéma à part entière, faisant preuve d’une démarche personnifiée, mais qui en laissera sans doute plus d’un sur le carreau par ses choix d’optique, son univers.

13/20

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Bande-annonce :

Lien vers la critique de Cinécure



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