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CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Les critiques de Julien Brnl
🎬 12 Strong - Belgium / Horse Soldiers
Réalisateur(s) : Nicolai Fuglsig
Article mis en ligne le 26 avril 2018

par Julien Brnl
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➡ Vu au cinéma Acinapolis Jambes - Sortie du film le 14 février 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • inspiré d’une histoire vraie et adapté du best-seller du journaliste Doug Stanton, « Horse Soldiers : The Extraordinary Story of a Band of U.S. Soldiers Who Rode to Victory in Afghanistan » ;
  • l’équipe du film a rencontré Mark Nutsch, capitaine des Forces Spéciales de la mission ODA-595 et commandant du détachement sur cette mission (joué par Chris Hemsworth), et son commandant adjoint, l’adjudant-chef Bob Pennington (joué par Michael Shannon) ;
  • premier long-métrage de Nicolai Fuglsig, ancien photojournaliste danois passé par la réalisation de nombreuses publicités ;
  • Chris Hemsworth et Elsa Pataky, qui forment un couple dans le film, sont mari et femme dans la vie ;
  • le film n’a pas été tourné en Afghanistan, mais au Nouveau-Mexique ;
  • outre le maniement des armes, les acteurs ont dû apprendre à monter à cheval.

Résumé : Le capitaine Mitch Nelson est le chef de l’unité des Forces Spéciales qui a été choisie pour une périlleuse mission secrète. Son détachement et lui sont envoyés en Afghanistan, en plein conflit armé, pour apporter leur aide aux Afghans dans leur lutte contre les talibans.

La critique

Une fois de plus, le cinéma américain nous ressert la carte de ses valeureux soldats ayant combattu l’ennemi pour la patrie (on fermera les yeux, tout comme le fait le film, sur les autres raisons de ce débarquement). En l’occurrence, « 12 Strong » est tiré de la mission des Bérets Verts, soient les douze premiers militaires des Forces spéciales américaines qui furent envoyés en Afghanistan suite aux événements du 11 septembre 2001, dans le but de repousser les talibans en dehors de ses frontières, bien aidé d’un seigneur de guerre afghan, le général Abdul Rachid Dostum, devenu aujourd’hui vice-président du pays.

Dès lors, « 12 Strong » retrace, au jour le jour, le chemin de ces soldats « à cheval » (d’où l’autre titre du film « Horse Soldiers »), qui furent envoyés volontairement, mais sans préparation, en terres étrangères afghanes afin d’y repousser les talibans, en s’alliant avec des personnes de l’Alliance du Nord, mais pour lesquelles ils n’avaient eu le temps de s’informer...
Sans grande surprise, le film ne nous épargne pas les valeurs estampillées américaines servies à la pelle, ainsi que d’une certaine image de glorification de son drapeau. Aussi, le scénario s’enlise dans un discours philosophique sur la guerre, tout en ne clarifiant jamais les dessous géopolitiques de cette mission. De plus, le film oublie de porter un regard réflexif sur les faits, et notamment sur l’accusation de crimes de guerre contre Abdul Rachid Dostum, lors du massacre de Dasht-i Leili (novembre à décembre 2001), auquel ont participé des troupes américaines... Certes, on comprend bien ici l’intention de ne pas revenir sur le sordide héritage de l’administration Bush, mais ce film ne représente dès lors qu’une minuscule partie émergée de l’iceberg en termes de vérité historique. Où comment Hollywood s’offre sa propre version des faits...

Si l’on fait abstraction de tout cela, alors « 12 Strong » est un divertissement classique dans le genre, qui se laisse suivre pour ses scènes d’action musclées (entre fusillades et bombardements aériens), son casting de gros bras « aux regards de tueurs », ou encore pour ses décors assez hostiles, filmés au Nouveau-Mexique, et qui pour l’occasion sont plutôt efficaces. Dommage que la photographie n’offre pas davantage de clarté au spectacle, notamment lors des scènes où les missiles largués se fracassent sur la tête sur le sol.

Avec son premier film, Nicolai Fuglsig divertit sans grande qualité, et passe sans doute à côté de son sujet, tant le scénario adapté du bouquin de Doug Stanton ne relate que ce qu’il veut relater de l’histoire. Mais les amateurs de films de guerre devraient trouver leur compte dans cette production Bruckheimer (« Pearl Harbor », « La Chute du Faucon Noir », pour ne citer qu’eux).

11/20



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