Bandeau
CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE est le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour les radios RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

On Chesil Beach (Sur la plage de Chesil)

Synopsis : Le soir de leur mariage, Edward Mayhew, un musicien, et Florence Ponting, une violoniste, se retrouvent enfin seuls dans la vieille auberge du Dorset où ils sont venus passer leur lune de miel. Ils sont tous les deux vierges. Mais en 1962, dans l’Angleterre d’avant la révolution sexuelle, la sexualité est encore un tabou pour eux. Ils s’envient, tentent de se rapprocher, mais ils sont tous les deux mal à l’aise et refoulent leurs désirs. Leur nuit de noces, non consommée, se transforme en épreuve de vérité où le jeune couple se confronte à la sexualité ainsi qu’à leurs peurs ou leurs inhibitions.

Acteurs : Saoirse Ronan, Billy Howle, Emily Watson, Anne-Marie Duff, Samuel West

C’est un film very british, un drame anglais que nous propose Dominic Cooke, un homme de théâtre, qui adapte ici dans son premier long métrage au cinéma un court roman (cinq chapitres en 138 pages réelles dans sa traduction française par France-Camus Pichon) de Ian McEwan. L’adaptation est réussie et ne trahit pas le roman publié en 2007. En réalité, le film est plus sage (moins explicite !) et ajoute deux scènes à la fin, en 1975 et 2007, qui ne se trouvent donc pas dans le livre [1].

Le film est donc typiquement anglais [Cinebel indique USA, erreur ou pas, et si tel est le cas, ce peut-être le côté investissement financier, car On Chesil Beach est tout sauf américain (entendons-là avec les outrances et les clichés habituels des drames portés à l’écran de l’autre côté de l’Oéan !)]. A savoir que ce drame a ce goût d’un bonbon à la fois au miel, mais, en même temps acidulé et dont on ne sait quelle saveur persiste en bouche longtemps après l’avoir dégusté.

Toute l’intrigue est dévoilée dans le synopsis ci-dessus. L’intérêt du film n’est donc pas dans celle-ci (on peut déjà vous dire, sans vraiment spoiler que la nuit de noces tourne au désastre), mais, tout à la fois dans le traitement de l’histoire, soit, la nuit de noces « aujourd’hui » en 1962 et des flashbacks, souvenirs et mémoires de chacun des protagonistes qui permettent de comprendre comment on en est arrivé là. Et cela qui arrive, ou plutôt n’arrive pas (ou vient trop vite - vous comprendre en voyant le film !) est lié à leur passé. C’est l’histoire de leur rencontre (coup de foudre ?), mais aussi de leurs origines dissemblables. Et l’on sait qu’en Angleterre (au moins) cela peut jouer. Edward Mayhew est cultivé, mais il a été dans une école pour les étudiants doués, mais issus du milieu ouvrier.

Tout en nous faisant découvrir une nuit de noces qui va se conclure de manière désastreuse, les images du passé des jeunes époux (de six heures !) va permettre de comprendre à la fois le caractère du mari et les hésitations de l’épouse. Le tout sur fond de musique classique (surtout), essentiellement Mozart et Schubert (mais pas que) avec des images très chiadées. En 1962, nous sommes au début de la révolution sexuelle (mai 68 n’est pas encore là) et malgré leur intelligence (dans le roman l’on compare même leur QI, celui de Florence étant plus élevé !) la rencontre-fusion des corps sera un flop. Tout comme le roman, le film se termine par un plan de quelques dizaines de secondes, qui laisse entrevoir un possible : « il aurait pu en être autrement » (un peu, mutatis mutandis, comme dans La La Land !. Mais, contrairement au roman, le réalisateur, ajoute deux séquences, en 1975 et en 2007 dont nous traiterons dans la section spoilers ! Ajoutons que de nombreux dialogues du livre sont repris quasiment tels quels dans le film.

Si le spectateur s’est laissé prendre par cette ambiance douce-amère que génère le film, aidé en cela par deux acteurs remarquables : l’expérimentée Saoirse Ronan et le plus débutant Billy Howle, il quittera la salle avec une profonde nostalgie et une (douce) amertume !

Certains se diront probablement (et nous quittons un instant notre fonction de prêtre catholique !) qu’il est quand même préférable de se connaître physiquement avant le mariage pour éviter de telles déconvenues (irréparables) et, reprenant notre casquette de prêtre, nous nous souvenons de plusieurs confidences de femme auxquelles leur mère avait dit (dans les années 50/60) avant de leur nuit de noces « Ma fille, tu ouvres les jambes, tu fermes les yeux, c’est un mauvais moment à passer ! ».


Spoilers (cliquer pour lire APRES la vision du film)

Nous écrivions ci-dessus que le film était moins explicite que le roman. Ainsi, dans ce dernier, l’on nous indique qu’Edward s’est préparé à la nuit de noces en se retenant (de se masturber) durant six jours, ce qu’il n’avait pas fait depuis ses douze ans !

Ce qui amène à mieux comprendre l’échec de la nuit de noces ou, voulant trop bien faire, Florence, en prenant le sexe de son époux en mains (comme elle l’a lu dans un livre) - et le romancier donne force de détails - et celui-ci jouira avant même « d’être entré ». Là où le romancier est explicite dans les détails de l’éjaculation et son ampleur, le réalisateur se cantonne à un bref plan de sperme sur la cuisse de Florence. Celle-ci, tout comme dans le livre en aura le même dégoût !

La scène de 1975 où Edward rencontre une jeune fille dans son magasin de disques et où il comprend qu’elle est la fille de Florence, à cause de son prénom et du disque qu’elle veut lui offrir, n’est pas présente dans le roman, pas plus que celle de 2007 où l’on nous montre un dernier concert du quintette de Florence (le quatuor Ennismore, avec son époux (Charles qui pensait à elle depuis le début) avec Edward dans la salle et en pleur. Toutefois, l’ajout de ces deux scènes ne trahit pas le roman qui lui ne laissait aucune place à une telle rencontre !


 <br width='500' height='334' />  <br width='500' height='334' />  <br width='500' height='334' />  <br width='500' height='334' />  <br width='500' height='750' />  <br width='500' height='334' />  <br width='500' height='334' />  <br width='500' height='334' />  <br width='500' height='334' />  <br width='500' height='334' />  <br width='500' height='340' />  <br width='500' height='334' />  <br width='500' height='334' />  <br width='500' height='334' />  <br width='500' height='334' />  <br width='500' height='334' />  <br width='500' height='334' />  <br width='500' height='334' />  <br width='500' height='334' />  <br width='500' height='334' />

Copyright Mars Films

Bande-annonce

The Meg (En eaux troubles)

Synopsis : Missionné par un programme international d’observation de la vie sous-marine, un submersible a été attaqué par une créature gigantesque qu’on croyait disparue. Sérieusement endommagé, il gît désormais dans une fosse, au plus profond de l’océan Pacifique, où son équipage est pris au piège. Il n’y a plus de temps à perdre : Jonas Taylor, sauveteur-plongeur expert des fonds marins, est engagé par un océanographe chinois particulièrement visionnaire, contre l’avis de sa fille Suyin. Taylor a pour mission de sauver l’équipage – et l’écosystème marin – d’une redoutable menace : un requin préhistorique de 23 m de long connu sous le nom de Megalodon. Or, il se trouve que le plongeur s’est déjà retrouvé face-à-face avec le squale plusieurs années auparavant. Avec l’aide de Suyin, il doit à présent surmonter sa peur et risquer sa vie pour sauver les hommes et les femmes prisonniers de l’embarcation… et accepter d’affronter une fois encore le prédateur le plus terrible de tous les temps.

Acteurs : Ruby Rose, Jason Statham, Rainn Wilson, Ólafur Darri Ólafsson, Robert Taylor, Cliff Curtis, Bingbing Li.

The Equalizer 2

Synopsis : Le retour de Robert McCall, ancien espion travaillant en solitaire. Robert McCall continue de servir la justice au nom des exploités et des opprimés. Mais jusqu’où est-il prêt à aller lorsque cela touche quelqu’un qu’il aime ?

Acteurs : Denzel Washington, Pedro Pascal, Ashton Sanders, Bill Pullman

Voici un deuxième volet qui n’est pas fondamentalement différent du premier The Equalizer. Sauf que cette fois-ci le héros solitaire aux talents cachés ne travaille plus dans une grande surface de bricolage, mais comme chauffeur de taxi (voir un équivalent de Uber, car il ne semble pas y avoir de signes distinctifs sur son véhicule... mais on ne va pas s’encombrer de détail.

Cette fois-ci, il s’agit toujours de venger, d’être le défenseur du bon droit, tel Zorro. Il défendra un jeune Afro-américain qui, au demeurant, risque de mal tourner (ben oui, il deale de la drogue, car il est sous influence de mauvais membre de sa communauté. Comme dans le premier volet, il y a une exposition « psychologique » enfin ce n’est pas de la psy universitaire !) en même temps que quelques scènes qui nous montre le vengeur impitoyable à l’acte. Jusqu’au dernier acte qui se déroulera en pleine tempête.

On oubliait de vous dire qu’une partie de l’action se passe à Bruxelles (mais Robert ne s’y rend pas, il semble avoir un don de perception combiné à l’observation qui lui font prendre conscience de choses qui ont échappé à d’autres). De Bruxelles, il s’agit surtout d’un hôtel (et peut-être bien d’un peu de tax shelter ?), car on ne voit pas grande chose de notre noble, mais petite Belgique. Elle se termine dans une ville abandonnée à cause d’un gros ouragan.

Vous vous doutez bien que des gens ne sont pas ce qu’ils prétendent être et on vous laisse découvrir lesquels. Enfin, vous pouvez être sûr que Robert McCall gagne à la fin (bon sang, j’ai spoilé !).

Ajoutons cependant que si le film fait ce qu’on lui demande sans être vraiment transcendant, il plaira aux fans de Denzel et il titillera ce côté obscur en nous qui fait que l’on jubile (parfois ? Souvent ?) lorsque quelqu’un se met en mode justicier (au mépris de la Loi) pour sauver/venger la veuve et l’orphelin (ou une amie et un jeune noir).

Notre conclusion sera la même que pour le premier : « Disons donc très largement dispensable, oubliable, mais sacrément efficace pour peu que l’on ne demande pas à la fille, au film pardon, plus que ce qu’il ne peut donner ! »

Diaporama

 <br width='500' height='334' />  <br width='500' height='348' />  <br width='500' height='334' />  <br width='500' height='334' />  <br width='500' height='334' />  <br width='500' height='334' />  <br width='500' height='334' />  <br width='500' height='334' />  <br width='500' height='314' />  <br width='500' height='334' />  <br width='500' height='321' />  <br width='500' height='335' />  <br width='500' height='334' />  <br width='500' height='334' />

Copyright 2018 Sony Pictures Entertainment Deutschland GmbH
Copyright 2018 Sony Pictures Releasing France

Bande-annonce

Under the Silver Lake

Synopsis : À Los Angeles, Sam, 33 ans, sans emploi, rêve de célébrité. Lorsque Sarah, une jeune et énigmatique voisine, se volatilise brusquement, Sam se lance à sa recherche et entreprend alors une enquête obsessionnelle surréaliste à travers la ville. Elle le fera plonger jusque dans les profondeurs les plus ténébreuses de la Cité des Anges, où il devra élucider disparitions et meurtres mystérieux sur fond de scandales et de conspirations.

Acteurs : Riley Keough, Andrew Garfield, Jimmi Simpson, Topher Grace, Summer Bishil, Sibongile Mlambo

Un OFNI qui divisera !

Under the Silver Lake est un oFni cinématographique réalisé par David Robert Mitchell celui qui avait déjà étonné et surpris il y a quatre ans avec It Follows. Il avait réalisé en 2010 un film qui n’est pas sorti en Belgique et uniquement en VOD en France en 2014, The Myth of the American Sleepover (La légende des soirées pyjama).

C’est donc en réalité plutôt son deuxième long métrage que le public pourra voir sur grand écran cet été. Précisons d’emblée que le film divisera tant les spectateurs lambda que les critiques et cinéphiles. C’est que celui-ci est non seulement hyper référencé, mais que sa structure, sa construction et son intrigue échappent à toute tentative de lecture rationnelle, un peu à la manière d’un rêve, voire d’un cauchemar. Bien plus, celui ou celle qui se sera laissé séduire par le charme du film (et de son interprète principal) souhaitera probablement une deuxième, voire une troisième vision pour en saisir les arcanes à défaut de clés de lecture, d’autant que nous quittons le registre du film de genre et d’horreur (quoique ?!) abordé dans It Follows ! A défaut de critique ou d’analyse, voici quelques impressions d’après vision... et qui sont loin de couvrir toutes celles suggérées par cet Objet Filmique Non Identifiable !

Distorsion de la réalité

Ajoutons que nous sommes entré en vision presse sans nous être informé (ni dossier presse ou bande annonce ni critiques publiées après Cannes où Under the Silver Lake fut présenté en compétition). A part le synopsis - qui laissait éventuellement augurer d’un thriller policier (Cinébel ajoutait même « comédie ») – et que nous avions même oublié, rien ne laissait présager de l’expérience que nous avons vécue.

Très vite, dès les premières images, nous avions l’impression d’une (légère) distorsion de la réalité où du moins de sa perception (restant d’ailleurs sauve la question de savoir ce qu’est le réel !) qui nous a d’emblée fait penser à David Lynch. La mise en images, la tonalité, la bande-son, et le jeu, légèrement en décalage, des acteurs nous plaçaient d’emblée dans un univers que nous qualifiions de lynchien dans notre for intérieur. D’autres références suivent et Sam avec ses jumelles devant la piscine nous renvoient à une autre mémoire cinématographique, Hitchcock avec Fenêtre sur cour ou à de Palma.

Sam, Sarah et Jésus !

Que trouve-t-on au centre de ce film ? Il y a certes Sam (Andrew Garfield), mais il y a aussi Los Angeles, des panneaux d’Hollywood à l’Observatoire Griffith, mais aussi la pop culture. Sans compter la présence sur Sarah, la voisine (Riley Keough) qui est au cœur de la quête de Sam. Cependant, le terme présence est ici à pondérer puisque celle-ci disparaitra subitement et, d’une « présence réelle » aux yeux de Sam, elle sera désormais, absente (réelle ?) tant pour le spectateur que pour Sam qui la retrouvera au terme d’un étonnant périple parfois même souterrain, en passant même par une rencontre avec Jésus ! Outre Sam et Los Angeles, il y a aussi un tueur de chiens, des meurtres dont celui d’un magnat de l’immobilier local, un fan de comics, les complots et messages cachés…

De Lost River à Gregg Araki !

Revenons à Sam qui va se mettre à la recherche d’une femme rencontrée quelques heures plus tôt et qui a disparu le lendemain. Dans son appartement, un signe bizarre qui signifie (probablement) quelque chose, du moins dans l’esprit de notre antihéros qui, plus tard, découvrira d’autres signes dans une quête, littéralement insensée, dans Los Angeles et l’univers de la pop culture. Nous avons quitté le Detroit de It Follows pour la ville des anges. Toutefois, Under the Silver Lake nous a fait songer à un autre film qui se passe à Detroit et où il est question, également, d’une histoire d’eau (souterraine), Lost River, de Ryan Gosling (serions-nous les seuls à faire un lien ?) ! L’accueil de son premier long métrage avait d’ailleurs été mitigé et il lui était reproché (également ?) d’être trop référentiel. Nous avons également songé à certains films de Gregg Araki (Nowhere, The Doom Generation, Smiley Face…).

Un film ultra-référencé !

Certaines références sont totalement explicites (trop peut-être ? mais si c’est le cas, elles semblent totalement assumées !), telles les tombes d’Hitchcock et Welles (dans un cimetière qui fait office de drive-in) ou encore Janet Gaynor, l’actrice du muet, qui joua notamment pour Borzage, dans Seventh Heaven (Septième ciel) – film qui pourrait être un des fils conducteurs de l’intrigue – ou encore Creature from the Black Lagoon (L’étrange créature du lac noir).

A ce stade, cela sera de trop pour certains tandis que d’autres n’auront qu’une envie : revenir en salle pour s’enrichir de tant de références qui auront pu leur échapper. Ceux-ci (peut-être) et les spectateurs « lambda » se poseront probablement la question de l’intrigue et de sa résolution, d’une part, et de l’explication « finale » de tout cela, d’autre part. C’est ici qu’il faut abandonner toute raison ou toute volonté d’expliquer… Le réalisateur lui-même a dit en conférence de presse : « Le film est un mystère, la narration est un mystère, le personnage principal est un mystère » ! Ce long métrage a sa propre logique interne, tout comme un rêve, cauchemar ou pas, semble cohérent durant son déroulement. A l’éveil, toute tentative de recherche d’une cohérence ou d’une ossature échappe à la rationalité. L’on se souviendra que le réalisateur avait déjà dit, à propos d’It Follows que son film était « un cauchemar. Quand vous vivez un cauchemar vous n’essayez pas d’en expliquer la logique. Vous essayez d’y survivre ».

Andrew Garfield l’acteur qu’il fallait !

Avant de laisser le soin au spectateur de plonger dans les eaux (troubles ? et troublantes ?) d’un lac d’argent et de lui laisser le plaisir de trouver beaucoup d’autres références « geek » et « underground » (mais pas que !) nous aimerions relever le jeu d’Andrew Garfield. L’acteur sait jouer de son corps (nous l’avions vu récemment dans Breathe). Il est ici mis à nu par le réalisateur. Physiquement parfois, symboliquement souvent. Sans appartement, sans voiture ou sans vêtements. Très sexué : se masturbant frénétiquement et faisant l’amour tout autant. Ainsi, avec une inconnue (Riki Lindhome) qu’il prend en levrette tout en écoutant/regardant la télévision où l’on annonce une mort mystérieuse. Cocasse et impudique à la fois. La seule pudeur consistera à cacher à une partenaire des notes qu’il prend au sujet de certains codes secrets dans les médias...


Pour conclure, vous pouvez lire, en cliquant sur le lien ci-après, et de préférence après avoir vu le film et avant peut-être de le revoir, ce que David Robert Mitchell en dit !

Le point de vue du réalisateur

Under the Silver Lake traite du sens caché que recèlent les choses qui nous sont chères – les films, la musique et les magazines qui façonnent notre culture. La « pop culture » est désormais la seule culture : un lac dans lequel nous baignons tous. Mais certaines choses se passent à notre insu, sous la surface de l’eau.

Le film raconte l’histoire d’un jeune homme insatisfait qui retient son souffle pour aller nager dans ces eaux sombres.

Sam, 33 ans, vivant à Los Angeles, aspire à une vie plus significative – de celles sur lesquelles on écrit ou dont on parle à la télévision. Sam est à l’image de chacun de nous. Il croit avoir en lui une grandeur et en veut au monde de ne pas remarquer ce qu’il a de spécial.

Sam est suffisamment intelligent pour travailler et bien gagner sa vie, mais il n’en a pas l’envie. Il est sans emploi. Sa voiture a été saisie et il est sur le point de se faire expulser de son appartement.

Comme beaucoup de jeunes gens, il se pense spécial et important – même si le monde est incapable de s’en apercevoir. Plutôt qu’un vulgaire emploi routinier, il choisit de tout laisser tomber – il préfère encore regarder la vie se consumer que de périr d’une mort lente et banale. Il appartient à une nouvelle génération qui a compris que les opportunités qui lui étaient promises n’existaient pas forcément. Tout le monde ne peut pas devenir président. Tout le monde n’est pas important.

L’action du film se déroule vers la fin du déclin de Sam. Il découvre un mystère – qui l’intrigue davantage que la monotonie de son quotidien. Il perçoit l’aventure, le danger et l’appel du « sens ». Il se lance à la recherche d’une femme disparue, du nom de Sarah – pas par amour (il ne l’aime pas), mais parce que la quête le stimule. Il veut croire en un monde rempli de mystères, de codes et de sens cachés – bien qu’il ait peur de ce qu’il risque de trouver.

Under the Silver Lake est ma vision personnelle de l’histoire de Los Angeles – une histoire qui, selon moi, se prête à être contée au prisme du genre policier : piscines ensoleillées, ombres obscures, passages secrets, jeunes filles de bonne famille, meurtres mystérieux…l’imagerie iconique d’une ville bâtie sur des rêves et des images animées.


Diaporama

 <br width='500' height='210' />  <br width='500' height='210' />  <br width='500' height='210' />  <br width='500' height='210' />  <br width='500' height='210' />  <br width='500' height='210' />  <br width='500' height='210' />  <br width='500' height='210' />

Bande-annonce

Figlia mia (Ma fille)

Synopsis : Vittoria, dix ans, vit avec ses parents dans un village reculé de Sardaigne. Un jour de fête, elle rencontre Angelica, une femme dont l’esprit libre et l’attitude provocante tranchent avec le caractère posé de sa mère, Tina. Vittoria est fascinée, mais sa mère ne voit pas d’un bon oeil ses visites de plus en plus fréquentes à la ferme où Angelica vit comme hors du monde. Elle ne sait pas que les deux femmes sont liées par un secret. Un secret qui la concerne, elle…

Acteurs : Valeria Golino, Alba Rohrwacher, Udo Kier, Sara Casu, Michele Carboni

Il y a trois ans, la réalisatrice italienne surprenait avec son premier film Vergine giurata (Vierge sous serment) avec Alba Rohrwacher dans le double rôle de Hana/Mark dont vous trouverez une critique enthousiaste de Nicolas Gilson sur le site Un grand moment. Nous retrouvons l’actrice dans un rôle surprenant dans Figlia mia qui a soulevé l’enthousiasme de plusieurs critiques depuis sa sortie à Berlin, lors de la Berlinale en février dernier.

Il nous faut reconnaître cependant qu’il nous a été difficile de rentrer dans l’atmosphère du film et que, tout comme Luc Chessel dans Libération, nous avons trouvé le film ennuyeux et tout particulièrement durant sa première moitié. C’est que nous n’avions pas été attentif à la ressemblance physique entre Vittoria et Angelica (Attention la note est un spoiler : [1]). Nous nous demandions donc où la réalisatrice voulait en venir. Ce n’est qu’après la moitié du film que nous avons compris ce qui s’inscrivait là dans les très beaux paysages de Sardaigne. Que nous avons découvert un film où la maternité est importante. Mais où celle-ci trouve-t-elle son origine ? Une question déjà évoquée dans Tous les chats sont gris de Savina Dellicour qui surfait là sur un thème analogue, mais c’était là l’affaire d’un père. Alors qu’ici, il est question de mères, de deux femmes dont Les Inrocks disent que c’est « un beau et âpre récit d’apprentissage autour de deux figures féminines : la maman et la putain ».

A partir du moment où le spectateur voit son intuition se confirmer, à savoir l’identité et les relations entre les personnages principaux, femmes et fille, le film prend une autre tournure, bien plus passionnante. C’est que le jeu des relations entre celles-ci va révéler la profondeur des enjeux, les peurs et les attentes de chacune. Que pourra-t-on gagner dans l’affaire ? Que faut-il abandonner, laisse tomber ? Dans quelle profondeur faut-il descendre pour prendre conscience de son identité ?

Au final, est-ce qu’une réconciliation est possible ? Peut-on vivre avec cela, la richesse du manque ou, pour se référer à un autre film qui, dans un tout autre genre, aborde une question analogue, mais en la posant dès avant la naissance avant d’y mettre un terme, Izgnanie (Le Bannissement) d’Andreï Zviaguintsev (2008) : « cet enfant n’est pas ton enfant » ! Cette affirmation n’est pas exprimée ici, mais elle fait l’objet d’une interrogation, de doutes, de souffrances. Car si la question se pose de savoir de qui Vittoria est la fille, il importe avant tout de laisser celle-ci sortir de l’enfance pour entrer dans l’âge adulte. Une question universelle, difficile et âpre, tout comme les paysages de Sardaigne qui forment un personnage à part entière de ce deuxième film de Laura Bispuri.

On lui saura gré d’avoir mis en valeur deux grandes actrices, Valeria Golino et surtout Alba Rohrwacher. Toutefois, il en est une, débutante, qui leur ravi la place sur le podium, à savoir la jeune Sara Casu dont c’est le premier rôle au cinéma. Pour conclure, nous avons regretté avec plusieurs confrères le plan final où Vittoria enlève son t-shirt. Certes Sara n’est pas encore pubère, tout comme son personnage... Il n’empêche que, plus tôt dans le film, la sexualisation de son corps est abordée par sa mère qui lui tâtant la poitrine s’étonne qu’elle n’ait pas encore de seins. Montrer cette absence à la fin du film donne ici l’impression d’un exhibitionnisme de mauvais aloi qui génère un certain malaise, voire un malaise certain, comme si l’enfant était exposée à son corps défendant aux regards des spectateurs qui se seraient bien passés de ce dernier cliché !

Erik Poppe
Utøya 22. juli
Sortie le 31 octobre 2018
Article mis en ligne le 18 août 2018
Rubrique : Critiques

Synopsis : Le 22 juillet 2011, un extrémiste de droite lourdement armé lance une bombe à Oslo, avant de se rendre sur l’île d’Utøya où se déroule un camp d’été pour les jeunes. Choqués par les nouvelles de la capitale, les jeunes sont en contact avec leur famille à la maison pour les rassurer qu’ils sont loin de l’incident et en sécurité. Jusqu’à ce que des coups de feu brusques soient entendus. Dans une (...)

0 | 30 | 60 | 90 | 120 | 150 | 180 | 210 | Tout afficher

RCF, une radio généraliste

RCF est un média confessionnel (Radio Chrétienne Francophone) généraliste. Il s’agit de la branche belge de la radio française du même nom. Nous émettons - sans coupures publicitaires - à Bruxelles, Liège, Namur et Bastogne et également via notre site Internet et les câblo-distributeurs qui nous reprennent. L’émission Cinécure présente depuis 2013 les sorties de films (fictions, documentaires, courts et long métrages, en salles et/ou en festivals). L’abbé Charles De Clercq, producteur de l’émission ouvre ainsi un espace à la diversité culturelle cinématographique en Belgique et à Bruxelles en particulier. Une place de choix est notamment donnée aux nombreux Festivals. Cela ne signifie pas nécessairement une adhésion ou une caution de la part de l’animateur-producteur, de RCF et de ses journalistes.

Voici le lien vers la page de présentation de l’émission et, ci-après, l’horaire des diffusions et rediffusions de l’émission Cinécure sur RCF Bruxelles à partir de janvier 2015 :

  • une émission de 13 minutes le mercredi 13h10 (rediffusion à 19h15)
  • une deuxième de 13 minutes le samedi 9h15 (rediffusion à 13h10)
  • une émission de 26 minutes le dimanche à 17h30

Vous pouvez également vous abonnez aux podcasts de l’émission via Itunes.

Le producteur de Cinécure

Charles Declercq [outre ses fonctions de webmaster et de photographe au service Communication du Centre pastoral (Vicariat) de Bruxelles et de co-responsable d’une Unité pastorale de cinq paroisses dans le quartier Meiser] est passionné de cinéma mais aussi par la Bible. Il voit en ces deux domaines l’importance de l’art de la narration et de la « théologie narrative ».

Il vous propose chaque semaine, sur RCF radio, un regard sur l’actualité cinématographique et sur une sélection de films qui sont projetés dans les salles, tout particulièrement ceux qui sont à l’affiche dans la semaine. Occasion donc de se faire une idée pour choisir sa séance, seul, en famille ou avec des amis.

Parfois (sauf programmation exceptionnelle), tout particulièrement pour ceux et celles qui n’ont pas l’occasion de se rendre dans une salle de cinéma, il sélectionne quelques films diffusés en télévision durant la semaine.

Enfin, il lui arrive de recevoir un(e) invité(e) ou de mettre en exergue un thème en fonction de l’actualité ou de présenter un film particulièrement remarquable du patrimoine cinématographique qu’il vient de voir en DVD ou en Blu-Ray.

Ceci n’est pas un blog !

Il ne s’agit pas non plus d’un forum dédié au cinéma. Forum et blogs sont nombreux sur la Toile. Les premiers donnent la parole à des communautés d’internautes. Les blogs sont souvent l’expression des sentiments de leur(s) auteur(s) même si certains analysent de façon plus exhaustive et pointue les films dont ils font la critique. Il y a aussi les « vlogs » où des passionnés de cinémas (ou pas !) se filment pour leur communauté de fans (souvent adolescents). Le pire y est parfois plus présent que le meilleur.

Ce site est sans publicité, sauf celle imposée par les vidéos de bande-annonce et qui nous semble manquer de logique, puisque la bande-annonce est déjà une « publicité » pour le film, en somme un publicité pour pouvoir visualiser une pub ! Cinécure.be est le prolongement web des émissions radio de Charles De Clercq sur RCF. Il apporte, en toute indépendance éditoriale, un complément d’informations, des annonces, communiqués de presse, recensions de DVD ou BD envoyés à la Rédaction... Il fait part de coups de cœur et aussi de coups de gueule mais aussi des sentiments et des émotions ressentis... qui, s’ils sont subjectifs, sont aussi ce qui fait vibrer ou pas les spectateurs.

Julien est enseignant. Il est aussi, voire surtout, cinéphile depuis son adolescence. Il a été membre du jury CINEVOX du Festival International du Film Francophone de Namur en 2017. Il fréquente assidument des salles indépendantes, comme le Caméo à Namur et publie des critiques argumentées sur sa page Facebook (Julien Brnl) après avoir vu les films. Il n’est ni journaliste, ni blogueur mais, simplement, passionné de cinéma et cinéphile. Nous lui avons proposé de publier des critiques sur ce site. Signalons également qu’il collabore au site Branchés Culture où vous pouvez également retrouver certaines de ses critiques...

0 | 5 | 10 | 15 | 20 | 25 | 30 | 35 | 40 | ... | 265

Ma Fille / Figlia Mia

➡ Vu au cinéma Caméo des Grignoux - Sortie du film le 15 août 2018 Signe(s) particulier(s) : second long métrage de la réalisatrice italienne Laura (...)

Article mis en ligne le 18 août 2018
par Julien Brnl
Fleuve noir

➡ Vu au cinéma Caméo des Grignoux - Sortie du film le 08 août 2018 Signe(s) particulier(s) : adaptation du roman « Une Disparition Inquiétante » (« (...)

Article mis en ligne le 18 août 2018
par Julien Brnl
Dogman

➡ Vu au cinéma Caméo des Grignoux - Sortie du film le 01 août 2018 Signe(s) particulier(s) : inspiré d’un fait réel s’étant déroulé dans une banlieue (...)

Article mis en ligne le 14 août 2018
par Julien Brnl
(3 Faces) 3 Visages

➡ Vu au cinéma Caméo des Grignoux - Sortie du film le 08 août 2018 Signe(s) particulier(s) : neuvième long métrage de l’influent réalisateur iranien (...)

Article mis en ligne le 14 août 2018
par Julien Brnl
My Lady / The Children Act

➡ Vu au cinéma Caméo des Grignoux - Sortie du film le 08 août 2018 Signe(s) particulier(s) : adaptation du roman de l’écrivain britannique Ian McEwan (...)

Article mis en ligne le 12 août 2018
par Julien Brnl

0 | 5 | 10 | 15 | 20 | 25 | 30 | 35 | 40 | ... | 265


Calendrier

Évènements à venir

0 | 15 | 30 | 45

22-08 : A-X-L
22-08 : Lukas
22-08 : Christ(off)
29-08 : Dog Days
29-08 : GUY
05-09 : Whitney
05-09 : Kev

COMING SOON !

Utøya 22. juli

Synopsis : Le 22 juillet 2011, un extrémiste de droite lourdement armé lance (...)

The Happy Prince

Synopsis : Le film raconte l’histoire inédite des derniers jours de la vie (...)

Benzinho (Loveling)

Synopsis : Chez les Santi, dans la banlieue de Rio, on ne roule pas sur (...)

Première année

Synopsis : Antoine entame sa première année de médecine pour la troisième (...)

Photo de famille

Synopsis : Gabrielle, Elsa et Mao sont frères et sœurs, mais ne se côtoient (...)

Les vieux fourneaux

Synopsis : Pierrot, Mimile et Antoine, trois septuagénaires, amis d’enfance, (...)

Recherche thématique

Public

Sortie

Thème(s)

Divers

A voir ou pas


Aucun article trouvé pour cette recherche

Visiteurs uniques journaliers

  • Moyenne depuis 365 jours :
    372 visites par jour
  • Aujourd’hui :
    228 visiteurs
  • Actuellement en ligne :
    15 visiteurs
RSS

2014-2018 © CINECURE - Tous droits réservés
Réalisé sous SPIP
Habillage ESCAL 4.1.0