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CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE est le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour RCF.

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Lazzaro Felice (Heureux comme Lazzaro)

Synopsis : Lazzaro, un jeune paysan d’une bonté exceptionnelle, vit à l’Inviolata, un hameau resté à l’écart du monde sur lequel règne la marquise Alfonsina de Luna. La vie des paysans est inchangée depuis toujours, ils sont exploités, et à leur tour, ils abusent de la bonté de Lazzaro. Un été, il se lie d’amitié avec Tancredi, le fils de la marquise. Une amitié si précieuse qu’elle lui fera traverser le temps et mènera Lazzaro au monde moderne.

Acteurs : Alba Rohrwacher, Nicoletta Braschi, Sergi López, Tommaso Ragno, Adriano Tardiolo, Natalino Balasso

Ce film a obtenu le prix du scénario lors du Festival de Cannes 2018 (conjointement à Trois visages de Jafar Panahi et Nader Saeivar). Nous comprenons parfaitement ce prix après notre sortie de la vision, submergé par l’émotion suscitée par le film est particulièrement ses dernières images. Dans le même temps nous pouvons comprendre que certains spectateurs puissent être déconcertés par ce long métrage dont l’intrigue parait inclassable, comme une sorte de fable mystique en forme de néoréalisme italien sans cependant pouvoir être enfermé dans un genre. Le film nous faisait penser aux frères Taviani et à Ettore Scola (Brutti, sporchi e cattivi) qui auraient été revisités par Pasolini (Teorema) et même par Fellini ! Au-delà des liens que nous faisions ainsi (à tort ou raison) avec de grands réalisateurs italiens, force est de reconnaître que le film peut fasciner et irriter dans un même mouvement.

La critique qui suit contient des « spoilers », autrement dit elle divulgue de nombreux éléments de l’intrigue dont il nous semble cependant que la connaissance préalable permettra de mieux entrer dans la dynamique et la symbolique du film et de son intrigue. Ce serait utile pour certains. Pour d’autres qui préfèrent la surprise, nous invitons à ne pas poursuivre la lecture et revenir ici après avoir vu le film !

Attention spoilers !

Nous sommes dans un hameau hors du temps qui porte bien son nom « l’Inviolata » où des paysans vivent un véritable servage. Ils sont exploités par une marquise qui séjourne quelques jours en ce lieu avec son mari et ses deux enfants, dont un fils Tancredi, maigre, fluet, toussant à cause du tabac. Les paysans sont surexploités et ne s’en rendent pas compte car celui qui régit leurs comptes fait passer ceux-ci en forme de dettes. Parce qu’ils ne savent rien du monde qui les entoure (ainsi que des loups), qu’ils ne peuvent mettent un nom sur la flamme au loin (qui s’avérera plus tard être celle de gaz enflammés au sommet d’une cheminée d’une entreprise) ils vivent-là, en ce lieux inviolé par le monde moderne et qui pourrait être simplement un hameau du début du 20e siècle (ou du moins semble l’être). Ils sont vingt-six entassés les uns sur les autres dans trois logements insalubres et minuscules. Parmi eux, une homme bon, à la bonté si bonne que l’on pourra s’en irriter puisqu’il apparaîtra aux yeux de certains « bonasse », voire benêt, ce qu’il n’est pas, car il a comme une intelligence innée de la nature.

Nous nous sommes souvenu de ce prisonnier rencontré lorsqu’il y a bien longtemps nous étions Officier de police judiciaire qui nous disait « Je n’ai personne en dessous de moi que je puis écraser ». C’était là un constat terrifiant d’échec et nous adaptons ici, pour Lazzaro « Je n’ai autour de moi que des personnes à qui je puis faire du bien ». Lazzaro (magistralement interprété par Adriano Tardiolo dont c’est ici la première - et seule jusqu’à présent - apparition au cinéma) est un hymne à la bonté, une bonté incarnée, sans calcul, et il est ici, malgré son nom, quasiment une figure christique. Son nom est porteur de sens, Lazzaro, celui qui est revenu d’entre les morts dans un texte symbolique de l’évangile attribué à Jean, traverse le récit de part en part.

Alors qu’il est exploité par ces paysans, Lazzaro se lie avec Tancredi, le fils de la la marquise Alfonsina de Luna (qui contrôle l’exploitation de tabac par ses serfs). Celle-ci lui fait remarquer que celui-ci est autant exploité par les siens que celle-ci le fait avec eux. Comme si les schémas de domination et d’exploitation se reproduisaient chez ceux-là même qui les subissent. C’est ici que le message de la réalisatrice déploie sa dimension politique. Le jeune Tancredi (premier rôle au cinéma pour le chanteur italien Luca Chikovani) est tout en ambiguïté. L’on ne sait trop si c’est par jeu qu’il est en lien avec Lazzaro, par amitié sincère ou dans un énième plan pour faire enrager sa mère, ici en prétendant être enlevé. Mêlant vérité et mensonge, se reprenant au prétexte de blaguer, il embarque Lazzaro dans son trip et va loger à la belle étoile ou plutôt dans un enclos en montagne pour les brebis.

Alors même que l’intrigue semble se focaliser sur la relation (voire l’amitié) entre Lazzaro et Tancredi, un événement majeur vient perturber la vie de Lazzaro, mais également l’équilibre de cette zone inviolée, de ce hameau hors du temps. L’effondrement d’une falaise, la chute mortelle de Lazzaro vont avoir des conséquences inattendues sur la suite. Les autorités informées d’un possible enlèvement interviendront avec des moyens importants, dont des hélicoptères. La modernité va se confronter à la féodalité. La surprise sera grande pour les policiers qui découvrent l’horreur de ces gens réduits en esclavage sans qu’ils en soient même conscients. Il va de soi qu’une autre vie sera proposée à ces hommes, femmes et enfants. Dans le car qui les conduits vers un monde meilleur, loin de l’exploitation dont ils furent l’objet, des enfants racontent une histoire de loup...

C’est alors qu’il nous et donné de voir le loup, au bas de la falaise, aux pieds de Lazzaro qui, grâce à l’animal (sacré ?) se lève du pays de la mort sans blessures. Ce sera l’occasion pour lui de se mettre en route, notamment pour retrouver Tancredi. Première étape, la maison de celui-ci et de ses parents. Il ne les trouve pas mais bien des voleurs dans une maison abandonnée. Son périple le conduira à la ville, à la modernité. L’on vous passe les détails de cette aventure car l’essentiel est la découverte de quelque chose de surprenant. Du temps a passé, sauf pour Lazzaro qui n’a pas pris une ride. Quelques dizaines d’années, nous sommes dans le monde moderne également et Lazzaro y retrouve ceux qui l’exploitaient mais plus vieux donc et, cette fois, à la ville... mais dans un sorte de bidonville. Il semble bien que les exploités d’hier le sont encore aujourd’hui et le message d’Alice Rohrwacher nous parait ici éminemment politique. Si le temps a passé, il s’agit d’une fable car l’on se souviendra des indices donnés dès la rencontre avec la marquise qui dit à sa fille « ici il n’y a pas de réseau » ! Tout l’intérêt du spectateur sera d’accepter d’entrer dans la poésie de ce film car la logique et la rationalité ne lui seront ici d’aucun secours. Il devra accepter de suivre l’innocent (littéralement celui qui ne nuit pas) dans son combat pour le bien. Car Lazzaro croit ce qu’on lui dit. A tel point qu’il voudra défendre les droits de ceux qui ont été lésés (ou, du moins, lui disent qu’ils l’ont été) par une banque. Comment y entrer et avec quelle arme pour réclamer ce qui lui parait juste ? Et l’on sait ce qu’il advient des justes en ce monde ! C’est est ce qu’un spectateur ouvert à la poésie de l’image et d’une histoire contée hors du temps pour un message atemporel pourra découvrir dans un film où Adriano Tardiolo traverse le film comme un ange de bonté !

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Copyright Tempesta 2018

Bande annonce (VO)

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Kursk

Synopsis : Août 2000. Le sous-marin nucléaire KURSK sombre au fond de la mer de Barents suite à l’explosion de l’une de ses torpilles. À bord, 23 marins parviennent à se réfugier dans l’unique compartiment laissé intact. Tandis qu’à bord du navire, les marins se débattent pour survivre, au sol, leurs familles luttent désespérément face au silence politique. Bien que les tentatives de sauvetage du gouvernement russe échouent en raison d’une technologie insuffisante, les autorités militaires refusent d’accepter l’aide internationale. Pour les survivants et leurs familles, une course contre la montre s’engage, alors que les autorités russes hésitent à choisir entre la fierté nationale et la vie de leurs compatriotes.

Acteurs : Matthias Schoenaerts, Colin Firth, Léa Seydoux, Peter Simonischek, Max von Sydow, Michael Nyqvist, August Diehl, Steven Waddington, Josse De Pauw,Koen De Sutter.

Dix-huit ans après le naufrage du sous-marin nucléaire K-141 Koursk, Thomas Vinterberg, le réalisateur, scénariste et producteur danois, pas encore cinquantenaire, met ce drame en scène pour proposer une énième « histoire vraie ». En réalité, une très libre adaptation d’un naufrage qui a réellement eu lieu mais sur lequel plane encore de très nombreuses et sombres énigmes, liée notamment à la rivalité entre la Russie de Poutine, fraichement élu et les autres, l’Otan, les américains, les anglais... Que peut-on retirer ou retenir de ce dernier film ? Vingt-trois ans après avoir fondé Dogme95 avec Lars Triers, Thomas Vinterberg nous propose un film qui est aux antipodes de cette charte cinématographique. Il y a ici une rupture de son voeu de « chasteté » et on ne peut que le regretter, vivement, amèrement. Qu’il brode sur des heures angoissantes dans l’attente d’une mort inéluctable, pourquoi pas si c’est pour atteindre une vérité et une densité propre à rendre compte de l’humanité des uns et de l’inhumanité des autres pour des intérêts politiques, pour des fiertés nationales et idéologiques.

En vérité, à l’arrivée nous avons tout d’un récit et d’une intrigue qui sent le faux-semblant, qui tourne en modèle de cinéma catastrophe (empli de bons sentiments) comme on en voit beaucoup (trop). Il y a déjà tout ce qui est « inventé » sur ce qui s’est passé entre ces sous-mariniers, puisque l’on n’en sait quasiment rien hormis les quelques mots (du moins ceux qui ont été rendus publics) du commandant Dmitri Kolesnikov « Il fait trop sombre ici pour écrire, mais je vais essayer au toucher. Il semble qu’il n’y ait pratiquement aucune chance, 10 - 20 %. J’espère qu’au moins que quelqu’un lira ceci. Voici la liste de membres d’équipage des autres sections qui sont maintenant dans la neuvième et qui vont essayer de sortir. Salut à tous, pas besoin d’être désespéré. Kolesnikov. » [1].

Ensuite, les personnages interprétés par Matthias Schoenaerts, Léa Seydoux ou Colin Firth sont fictifs. Ajoutons Max von Sydow qui joue le rôle de l’amiral Boris Nikolayevich Yeltsin (soit donc le même nom que l’ancien président de la Fédération de Russie !). Pourquoi pas, après tout, mais que tout cela est rendu complètement incroyable par l’emploi des langues, ou plutôt d’une seule langue « universelle », l’anglais. Si cela n’a aucune incidence sur Ben Hur (quoique) ou, tout récemment, sur 22 July de Paul Greengrass ! C’est que ce naufrage met en relation des russes, des anglais et des norvégiens (au moins). Tout ce beau monde parle anglais alors même que les différences et les rivalités culturelles sont l’essence même du film. L’on peut comprendre que c’est lié au casting ! Mais quoi, la version doublée en français nous proposera des voix avec accents russe, anglais, norvégien ? Du grand n’importe quoi ! D’autant plus que le réalisateur fait couleur locale en débutant le film par un mariage orthodoxe... en russe... et le conclut avec les funérailles orthodoxes de cent dix-huit sous-mariniers... le tout avec des chants russes ! Désolé, c’est du « foutage de gueule ». L’on regrettera donc que le réalisateur n’aie pas gardé à l’esprit quelques-unes de ses lignes de conduite de Dogme95 qui auraient été très utiles ici. Au final, il nous offre un « film catastrophe » très classique, convenu, conventionnel, qui, malgré la bonne interprétation de ses acteurs ne suscite aucune empathie de la part du spectateur.

Certes le film permet de découvrir la vétusté du matériel russe, l’incurie des responsables, la culture du secret, l’absence d’empathie pour les victimes et leurs proches ainsi que les relents de la guerre froide au début des années Poutine ; il n’empêche que pour qui voudra en savoir plus sur ce qui s’est passé et surtout sur ce que l’on se sait pas encore ou que l’on ne saura jamais, le mieux sera de se tourner vers Wikipedia.

Les derniers films de Thomas Vinterberg

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Copyright Mika Cotellon / EuropaCorp Distribution

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Life Itself (Seule la vie)

Synopsis : Amoureux depuis l’université, Will et Abby, deux jeunes New-yorkais, se marient. Alors qu’ils s’apprêtent à devenir parents, leur trajectoire se mêle à d’autres destins. Ceux de Dylan, jeune femme perturbée qui tente d’apaiser sa souffrance, d’Irwin, qui élève sa petite-fille dans un monde dangereux, de M. Saccione, riche propriétaire terrien espagnol, et de son intendant Javier, entouré de sa femme Isabelle et de leur fils Rodrigo.

Acteurs : Oscar Isaac, Olivia Wilde, Samuel L. Jackson, Antonio Banderas, Olivia Cooke, Annette Bening, Mandy Patinkin.

Nous avons été séduit par ce film, son intrigue, son développement et les histoires racontées. Ecrivons de suite que ce n’est pas l’avis de nombreux membres de la presse cinématographique qui sont loin de partager notre enthousiasme et reflètent ainsi la moyenne des cotations IMDB qui tournent autour de 5/10 ! Avons-nous vu un film différent ou, ce qui est à notre hypothèse, avons-nous été séduit par la construction du récit et ses intrications (sans compter le jeu des acteurs !).

C’est que le film - soutenu tout du long d’une voix « off » - se découpe en quatre tableaux, annoncés comme tels. Chacune des parties est clairement numérotée. Cependant, il en est une cinquième, enchâssée dans les pages d’un livre qui est lu dans une séance de lecture publique (spoiler : [1])

Nous avons rapidement pensé, s’agissant de destins (entre)croisés - l’on comprendra à la projection - à la théorie des ’six degrés de séparation’ « établie par le Hongrois Frigyes Karinthy en 1929 qui évoque la possibilité que toute personne sur le globe peut être reliée à n’importe quelle autre, au travers d’une chaîne de relations individuelles comprenant au plus six maillons ». Le réalisateur n’en parle pas et il est probable qu’il ne s’en inspire pas (explicitement ou implicitement), s’agissant d’un thème déjà abordé (autrement) au cinéma. Qu’il s’agisse de la multiplication de points de vue (ou de regards) différents sur une même « réalité » ou de la rencontre de destins, apparemment indépendant les uns des autres.

Il nous est apparu que plusieurs clés ou grilles de lecture nous sont données durant le film et quasiment dès son ouverture. C’est que nous assistons à la création d’une histoire en mode essais/erreurs, recadrages, etc. Et nous avons songé, au début du film, à Le Magnifique de Philippe de Broca, sorti en 1973. c’est que l’on sort du cadre, de ce cadre-là, pour passer à un autre niveau de réalité. Comme si nous étions dans une mise en abime ou dans un processus d’interrogation sur la création (artistique ou littéraire) et sur sa vérité ou sa fiabilité. Après tout, s’agissant de la fiction qu’il nous est donné à voir, ce que l’on pouvait penser comme réel ne l’est pas.

Il nous sera donné de voir plusieurs couples, trois générations, trois pays aussi, deux continents, liés ou pas d’une manière ou d’une autre au travers de récits ou de destins croisés. La clé essentielle du film réside dans le projet de la première protagoniste qui écrit une thèse sur la création littéraire et le statut du narrateur (omniscient ?!). Et cela tient en quelques mots : « le narrateur n’est pas fiable ». Ceux-ci nous ont de suite marqué, probablement parce qu’habitué à l’exégèse biblique, ce concept est immédiatement opératoire pour nous. Mais non seulement le narrateur n’est pas fiable, mais ajoute-t-on, la vie est le plus grand narrateur, tout aussi peu fiable, sans compter que ce narrateur-là ne connait pas la fin de l’histoire.

Nous ne voulons pas « spoiler » en (ré)écrivant les fils de trame de l’intrigue, ce qui lie les uns aux autres, si ce n’est qu’une autre clé se trouve dans une chanson et un album de Bob Dylan : Make You Feel My Love que l’on trouve dans Time Out of Mind de 1997. Une chanson qui semble mièvre et/ou joyeuse dans un album qui est ou semble désespéré. Cette clé explique, à notre estime, ce qui n’a pas été compris et ou apprécié par de nombreux critiques, à savoir la fin du film qu’ils accusent de sentimentalisme exagéré, à l’eau de rose. En revanche, nous y avons vu un énième mise en abime du réalisateur. N’est-il pas le narrateur qui nous conte une histoire, qui la modèle comme relecture (potentielle) d’un album de Dylan et d’une chanson intrigante qui s’y trouve ? N’est-il pas le narrateur qui nous conte une histoire de vie, de mort et de relation, où finalement, il n’y aurait que du bonheur malgré les heurts, malheurs et souffrances tissés sur trois générations ? N’est-il pas celui qui nous narre une histoire où la pénultième parole serait celle d’une femme, impliquée dans sa chair et ses ascendants, jusque dans la souffrance et la mort ? Une femme, elle même narratrice d’un récit devant un auditoire toute ouïe. Et si d’aventure, Dan Fogelman, est bien ce dernier narrateur, n’est-il pas celui qui nous crie, grâce à son film, qu’il n’est pas fiable et qu’il faut nous méfier des films, de son film, celui qu’il nous donne à voir ?

Le spectateur se souviendra alors du début du film. Il était, dans le premier tableau, un auditeur qui, à défaut d’être omniscient, est celui qui écoute par profession. Un auditeur à qui un narrateur se confie. Ou plutôt confie, narre sa vie. Il peut mener l’auditeur au cœur du récit de sa vie (occasion de plans cinématographiques qui intègrent au récit, et comme observateurs de celui-ci !, ceux qui parlent/écoutent !). Ce narrateur singulier est-il fiable, lui qui narre sa propre existence ? Lui qui la relit. Et ce récit, dont il est le seul à pouvoir mettre un terme, est-il le dernier ? Est-ce que le grand récit de la vie et de la mort ne se poursuit pas, justement grâce au réalisateur qui nous invite donc à une ultime prise de distance : le narrateur n’est pas fiable !

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Copyright Mars Films

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Un amour impossible

Synopsis : À la fin des années 50 à Châteauroux, Rachel, modeste employée de bureau, rencontre Philippe, brillant jeune homme issu d’une famille bourgeoise. De cette liaison passionnelle mais brève naîtra une petite fille, Chantal. Philippe refuse de se marier en dehors de sa classe sociale. Rachel devra élever sa fille seule. Peu importe, pour elle Chantal est son grand bonheur, c’est pourquoi elle se bat pour qu’à défaut de l’élever, Philippe lui donne son nom. Une bataille de plus de dix ans qui finira par briser sa vie et celle de sa fille.

Acteurs : Virginie Efira, Niels Schneider, Coralie Russier, Jehnny Beth, Estelle Lescure

A la sortie de la vision presse quelques confrères eurent ces mots : « ce film dure deux heures vingt de trop ». Or, il ne s’agit pas de La condition de l’homme de Masaki Kobayash (1959-1961) de 9 heures environ ou de Out 1 : Noli me tangere de Jacques Rivette (1971), d’une durée de 12h30 mais du dernier film de la réalisatrice Catherine Corsini, d’une durée de... 2h20. C’est dire que c’était le mot de la fin pour une réalisatrice dont nous allions voir le film avec un a priori très positif.

Alors lorsque l’on voit que scénario est Christine Angot et que l’envie de quitter la salle dès le début se fait pressante, l’on reste par sens du devoir et surtout parce qu’il s’agit de Madame Corsini ! Nous étant rendu à la vision presse sans le moindre a priori, sans lire aucun dossier préalable (et à peine le synopsis) nous dûmes largement déchanter. Comme exprimer notre sentiment, s’agissant d’un film qui repose sur trois femmes, puisque outre la réalisation, le scénario est dû à deux femmes, outre la romancière, Laurette Polmanss. Très vite, le film était plombé et plombant par le fait d’une insupportable voix off, très et trop littéraire, comme si l’on faisait la lecture publique d’un roman censé nous donner une clé de lecture. Celle-ci viendra d’ailleurs à la fin du film lorsque l’analyse en termes de prise de pouvoir et de domination dans un cadre d’opposition de milieux culturels, intellectuels, économiques et sociaux (pour ne pas parler ici de lutte des classes), à tel point qu’il s’est trouvé un confrère (que nous apprécions) pour y voir une des si pas LA clé du film !

A l’heure du #MeToo, difficile de critiquer un film qui repose sur trois femmes, d’autant plus qu’il s’agit d’un récit (auto)biographique, celui de romancière Christine Angot, controversée s’il en est. Celui-ci reprend son histoire familiale, une quête d’identité, un rapport ambigu au père qui se révélera abuseur de sa fille (inceste pédophile donc).

Outre la voix off, le gros problème est la crédibilité des personnages au vu de l’âge des acteurs qui les interprètent ! Ainsi Virginie Efira, la quarantaine, est beaucoup trop âgée pour représenter Rachel Schwartz à l’âge de 25 ans et si Niels Schneider (30 ans) est crédible dans le rôle de Pierre jeune, en revanche, cela ne passe pas quand il est (plus) âgé. En revanche, ce sont quatre actrices qui joueront le rôle de Chantal (bizarre que l’on n’ai pas gardé le prénom Christine !) qui là apparait crédible (et pour cause puisqu’on la découvre de puis sa plus tendre enfance (enfin, tendre, c’est façon de parler).

Le récit est donc, ou serait tiré du réel et l’on ne pourrait donc avoir que de l’empathie et/ou de la compassion pour celle qui l’a vécu. Hélas, non, nulle compassion. C’est que le film donne l’impression d’un règlement de comptes dont personne ne sort ni ne sortira indemne. Là où l’écrivaine aurait dû rendre compte, elle cède à un travers dommageable : « régler ses comptes ». Que cela soit conscient ou pas, peu importe. L’on sort de la salle avec une impression nauséeuse pour l’histoire racontée et un sentiment de vacuité (voire de vanité) pour le film insupportable et désastreux. L’on se demande finalement ce que l’excellent Niels Schneider est allé faire dans ce film ! Là-dessus, nous allons cesser de tirer sur l’ambulance !

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Copyright Stéphanie Branchu - Chaz Productions

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McQueen

Synopsis : Un portrait intime de la vie, du travail et du talent extraordinaire du créateur de mode Alexander McQueen. Grâce aux interviews exclusives avec sa famille et ses amis proches, images d’archives, photos exclusives et musique magnifique, « McQueen » est une ode authentique et un portrait bouleversant du visionnaire de la mode passionné, mais aussi tourmenté.

Il nous faut faire un aveu : nous ne connaissions pas Alexander McQueen avant la vision presse. Toutefois, outre les confrères et consoeurs habituel·le·s, il y avait une autre faune présente dans la salle, avec un certaine « queer touch », une atmosphère fashion.

C’est que le documentaire était consacré à un couturier hors norme, Alexander McQueen, né en 1969 et décédé en 2010 (suicide par pendaison). Nous avons droit à plusieurs tableaux... d’une exposition, celles de ses collections certes, mais aussi d’un homme hors norme (au double sens du terme, parce que gay, d’abord et ensuite, parce qu’il s’agit d’un créateur d’exception). Un homme qui part de rien, totalement fauché et qui arrive a créer des choses fabuleuses avec trois fois rien. Ce sont ses débuts, son passage chez Givenchy, ses heures de gloire, mais aussi ses heures très sombres, qui nous sont contées, narrées, grâce aux témoignages d’ami·e·s. C’est un être extraordinaire qui est dépeint. De l’Alexandre en forme, à l’Alexandre lipposuccé ou, plus tard atteint du sida, c’est avec une immense empathie mais aussi fascination et admiration que nous avons découvert l’histoire trop brève d’un grand couturier. Si certaines images d’archives ont été « upscalées » pour en améliorer la qualité, si certains vidéos prises par Alexander (ou des amis ?) montrent qu’il manquait sérieusement de talent comme cinéaste, les images sont de toute beauté et la bande musicale, due à Michael Nyman, apporte un must incontestable à ce film qui gagne à être vu par le plus grand nombre, et bien au-delà du monde de la mode.

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Source et copyright des illustrations : Paradiso Films

Bande annonce :

David Yates
Fantastic Beasts : The Crimes of Grindelwald
Sortie le 14 novembre 2018
Article mis en ligne le 10 novembre 2018
Rubrique : Critiques

Synopsis : 1927. Quelques mois après sa capture, le célèbre sorcier Gellert Grindelwald s’évade comme il l’avait promis et de façon spectaculaire. Réunissant de plus en plus de partisans, il est à l’origine d’attaque d’humains normaux par des sorciers et seul celui qu’il considérait autrefois comme un ami, Albus Dumbledore, semble capable de l’arrêter. Mais Dumbledore va devoir faire appel au seul sorcier (...)

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RCF, une radio généraliste

RCF est un média confessionnel (Radio Chrétienne Francophone) généraliste. Il s’agit de la branche belge de la radio française du même nom. Nous émettons - sans coupures publicitaires - à Bruxelles, Liège, Namur et Bastogne et également via notre site Internet et les câblo-distributeurs qui nous reprennent. L’émission Cinécure présente depuis 2013 les sorties de films (fictions, documentaires, courts et long métrages, en salles et/ou en festivals). L’abbé Charles De Clercq, producteur de l’émission ouvre ainsi un espace à la diversité culturelle cinématographique en Belgique et à Bruxelles en particulier. Une place de choix est notamment donnée aux nombreux Festivals. Cela ne signifie pas nécessairement une adhésion ou une caution de la part de l’animateur-producteur, de RCF et de ses journalistes.

Voici le lien vers la page de présentation de l’émission et, ci-après, l’horaire des diffusions et rediffusions de l’émission Cinécure sur RCF Bruxelles :

  • une émission de 13 minutes le mercredi 13h10 (rediffusion à 18h10)
  • une deuxième de 13 minutes le samedi à 13h10
  • une émission de 26 minutes le dimanche à 17h30 (enchaînant les deux précédentes).

Vous pouvez également vous abonnez aux podcasts de l’émission via Itunes.

Le producteur de Cinécure

Charles Declercq [outre ses fonctions de webmaster et de photographe au service Communication du Centre pastoral (Vicariat) de Bruxelles et de co-responsable d’une Unité pastorale de cinq paroisses dans le quartier Meiser] est passionné de cinéma mais aussi par la Bible. Il voit en ces deux domaines l’importance de l’art de la narration et de la « théologie narrative ».

Il propose chaque semaine, sur RCF radio, un regard sur l’actualité cinématographique et sur une sélection de films qui sont projetés dans les salles, tout particulièrement ceux qui sont à l’affiche dans la semaine. Occasion donc de se faire une idée pour choisir sa séance, seul, en famille ou avec des amis.

Parfois (sauf programmation exceptionnelle), tout particulièrement pour ceux et celles qui n’ont pas l’occasion de se rendre dans une salle de cinéma, il sélectionne quelques films diffusés en télévision durant la semaine.

Enfin, il lui arrive de recevoir un(e) invité(e) ou de mettre en exergue un thème en fonction de l’actualité ou de présenter un film particulièrement remarquable du patrimoine cinématographique qu’il vient de voir en DVD ou en Blu-Ray.

Ceci n’est pas un blog !

Il ne s’agit pas non plus d’un forum dédié au cinéma. Forum et blogs sont nombreux sur la Toile. Les premiers donnent la parole à des communautés d’internautes. Les blogs sont souvent l’expression des sentiments de leur(s) auteur(s) même si certains analysent de façon plus exhaustive et pointue les films dont ils font la critique. Il y a aussi les « vlogs » où des passionnés de cinémas (ou pas !) se filment pour leur communauté de fans (souvent adolescents). Le pire y est parfois plus présent que le meilleur.

Ce site est sans publicité, sauf celle imposée par les vidéos de bande-annonce et qui nous semble manquer de logique, puisque la bande-annonce est déjà une « publicité » pour le film, en somme un publicité pour pouvoir visualiser une pub ! Cinécure.be est le prolongement web des émissions radio de Charles De Clercq sur RCF. Il apporte, en toute indépendance éditoriale, un complément d’informations, des annonces, communiqués de presse, recensions de DVD ou BD envoyés à la Rédaction... Il fait part de coups de cœur et aussi de coups de gueule mais aussi des sentiments et des émotions ressentis... qui, s’ils sont subjectifs, sont aussi ce qui fait vibrer ou pas les spectateurs.

Julien est enseignant. Il est aussi, voire surtout, cinéphile depuis son adolescence. Il a été membre du jury CINEVOX du Festival International du Film Francophone de Namur en 2017. Il fréquente assidument des salles indépendantes, comme le Caméo à Namur et publie des critiques argumentées sur sa page Facebook (Julien Brnl) après avoir vu les films. Il n’est ni journaliste, ni blogueur mais, simplement, passionné de cinéma et cinéphile. Nous lui avons proposé de publier des critiques sur ce site. Signalons également qu’il collabore au site Branchés Culture où vous pouvez également retrouver certaines de ses critiques...

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