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CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE est le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour les radios RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

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Mademoiselle de Joncquières

Synopsis : Madame de La Pommeraye, jeune veuve retirée du monde, cède à la cour du marquis des Arcis, libertin notoire. Après quelques années d’un bonheur sans faille, elle découvre que le marquis s’est lassé de leur union. Follement amoureuse et terriblement blessée, elle décide de se venger de lui avec la complicité de Mademoiselle de Joncquières et de sa mère...

Acteurs : Cécile de France, Edouard Baer, Alice Isaaz, Natalia Dontcheva, Laure Calamy

Nous avons découvert ce film sans avoir lu quoi que ce soit auparavant, ni même vu la bande-annonce, sans pause autre que le trajet entre la vision presse précédente (Un peuple et son roi) ! Le générique nous apprend que l’intrigue est adaptée d’un roman de Diderot. Nous serons donc plongé dans le XVIIIe siècle, comme le précédent... mais quelques dizaines d’années avant la Révolution.

Mademoiselle de Joncquières (le film !) est un plaisir pour les yeux, tout comme Mademoiselle de Joncquières (l’actrice Alice Isaaz qui lui donne corps à l’écran) ! C’est aussi non pas le charme discret de la bourgeoisie, mais le charme désuet et suranné d’une langue française que l’on ne parle plus aujourd’hui ! Les dialogues inscrivent donc bien le film dans son siècle (et non comme Sofia Coppola le fait avec sa très libre relecture de Marie-Antoinette en 2006 dans le même siècle !).

Toutefois, il faut ici apporter quelques bémols, à défaut de dévoiler le dénouement de l’intrigue (et l’on joue ici vraiment sur les mots : intrigue - celle du film et celle dans le film - et dénouement - pour les liens qui y sont tissés et détissés !) ! C’est que le film est long ou, du moins, semble très, trop long. C’est que son exposition, à la fois des sentiments, des personnages et des situations prend une bonne part du long métrage, d’autant qu’il faut un certain temps avant que n’apparaisse celle qui donne son titre au film. A tel point que nous nous sommes dit que celui-là aurait dû être « Madame de La Pommeraye », tant son personnage (brillamment interprété par Cécile de France, intrigante et/parce qu’intriguant dans les coulisses !) est de quasiment tous les plans, tandis que Mademoiselle de Joncquières n’arrive qu’assez tard dans le film et dans un plan machiavélique élaboré par celle qui s’offre d’être sa bienfaitrice.

Edouard Baer est parfait dans le rôle du marquis des Arcis, libertin, notoire et assumé qui multiplie les conquêtes pour les abandonner dans les jours voire les heures qui suivent. Homme sans foi (il est tout sauf religieux !) et sans loi. Importe seulement le désir, son assouvissement pour passer ensuite à une autre affaire, sauf pour l’amitié (après l’amour) et la complicité qui, croit-il, le lie à Madame de La Pommeraye.

Il sera donc question de vengeance durant ce film après un long temps d’exposition. Mais sur quelles failles des uns et des autres celle-ci peut-elle de construire ? Et est-ce que les meilleurs plans ne sont pas sujets aux failles, eux aussi ? Et lorsqu’il est question d’amour, de conscience, de liberté et d’amitié, le mélange des ingrédients peut s’avérer explosif !

Pour prolonger la réflexion avec des étudiants et des jeunes, vous pouvez utiliser ce dossier pédagogique.

En 1945, Robert Bresson a adapté déjà cette histoire pour le cinéma : Les dames du bois de Boulogne, mais en l’adaptant de façon contemporaine (le film, restauré, sera disponible en DVD et BR dans le courant du mois de septembre). Emmanuel Mouret a voulu garder le récit dans son époque. Il explique ainsi le choix de cette histoire-là : « Un récit souvent relu, qui m’avait frappé, beaucoup ému, notamment sa fin. La modernité de cette histoire m’avait semblé saisissante, j’entends par là que ce qui est moderne est ce qui ne vieillit pas et traverse le temps. Les désirs, les sentiments, les élans, les conflits qui traversent les personnages et les questions que soulève le récit me semblent très contemporains. Les questions morales que se pose le 18e siècle sont toujours à l’œuvre de nos jours. Pendant et après la Régence, la société est clivée comme jamais, comme la nôtre, entre l’amour profane, le goût des plaisirs, et un amour plus sacré. Libertins ou pas, ceux qui ont traversé cette époque sont aussi intérieurement clivés que nous le sommes aujourd’hui. ». Ajoutant un personnage absent chez Diderot, celui de l’amie de Madame de La Pommeraye : « Les personnages du marquis et de la marquise sont tellement excessifs qu’il me fallait un personnage qui incarne une idée du « raisonnable », de la mesure. Sans la mesure, pas de démesure. C’est en outre un personnage auquel je me suis beaucoup attaché. Son amitié pour la marquise est vraie, attentionnée, délicate... et petit à petit elle voit son amie s’éloigner comme un bateau sur la mer. J’ai dit à Laure Calamy que ce personnage aurait pu être l’auteur ou le narrateur de ce récit. J’ai beaucoup apprécié l’élégance et l’inventivité de son interprétation. ».

Reste la question du titre qui nous avait surpris. Sur ce point voici ce qu’en dit le réalisateur : « D’abord parce que le texte n’ayant pas de titre, il fallait en trouver un. Ensuite parce que j’avais envie, dès le début du film, de donner une grande importance à ce personnage (Mademoiselle de Joncquières) qui peut longtemps paraître secondaire. C’est une façon de préparer la fin, sans la révéler. Le personnage est dessiné en creux, suffisamment mystérieux pour alimenter nos projections, comme celles du marquis. Je crois que, plus cette jeune femme reste insondable à ses yeux, plus on comprend son attirance irraisonnée, et, plus le retournement final peut être poignant et troublant. »

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Copyright Pyramide Distribution

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Ma fille

Synopsis : Hakim et Latifa ont fui la guerre civile algérienne au début des années 90. Ils vivent depuis dans le Jura, avec leurs deux filles : Nedjma 14 ans, et Leïla, l’aînée, partie suivre ses études de coiffure à Paris. Trois jours avant Noël, Nedjma reçoit un SMS laconique de sa grande sœur. Elle ne pourra pas venir les rejoindre pour les fêtes, prétextant une nouvelle fois une surcharge de travail… Latifa s’en prend à Hakim et le pousse à aller chercher Leïla. Nedjma viendra avec lui, ils en profiteront pour découvrir Paris. À leur arrivée dans le salon de coiffure, ils apprennent que Leila n’y a en réalité jamais travaillé. C’est le voyage d’un père qui commence, dans Paris, une nuit, jusqu’à l’aube.

Acteurs : Roschdy Zem, Natacha Krief, Darina Al Joundi, Camille Aguilar

On ne peut qu’adhérer au premier long métrage (long... mais assez court finalement, puisqu’il dure 1h20) de l’actrice Naidra Ayadi (qui est également metteuse en scène). Elle adapte ici le roman « Le Voyage du père » de Bernard Clavel, publié en 1965 et que Denys de La Patellière a transposé au cinéma l’année suivante, avec Fernandel dans le rôle-titre. Nous avouons n’avoir jamais vu ce film (ou, en tout cas, nous n’en gardons aucun souvenir) ni lu le roman.

N’empêche, malgré cette carence, l’intrigue est assez prévisible et on ne vous dévoilera pas plus de celle-ci. L’on se doute bien (sûr) du métier qu’exerce la fille. La quête du père est ici transposée des années 60 au XXIe siècle. Le milieu de la France rurale devient des membres de la communauté algérienne de première et deuxième génération en France. Le père n’est plus accompagné du fiancé, mais de la soeur et il écrit une lettre à sa fille. Ajoutons-y une génération téléphones mobiles et SMS et l’histoire devient somme toute très contemporaine, avec un Paris déroutant voire angoissant, pour un père qui quitte pour la première fois son bled.

Malgré de très nombreuses incohérences ou invraisemblances du scénario ou de l’intrigue :
ainsi quand la soeur répond au SMS de la cadette, rien ne se passe, c’est comme si de rien n’était ; la cadette laissée en plan dans une chambre d’un hôtel assez minable, ou encore ce père qui entre dans une boîte de luxe ou un club échangiste, se présentant comme venant à la demande de gros clients n’est pas crédible avec ses vêtements bon marché et élimés ; ou encore ce pardessus laissé à un « gardien » à l’entrée et que l’on retrouve sur les épaules du père après un tabassage...
l’on se laissera bercer par le film, par sa tendresse, certaines rencontres, notamment avec une prostituée âgée.

C’est aussi tout un regard sur une famille, remplie d’amour qui se confronte à une culture et des modes de vie qui ne sont pas les siens. C’est également la mère au début et à la fin du film, mais surtout pendant la première moitié du film la relation entre un père et sa cadette et, ensuite, la quête tragique d’un père qui peut laisser sortir une violence inattendue.

On ne peut donc que conseiller de passer cent minutes avec ce père qui découvrira un Paris inconnu et une fille qui l’est tout autant désormais pour lui.

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Copyright Mars Films

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Rêver sous le capitalisme

Synopsis :

1. Douze personnes racontent puis interprètent le souvenir d’un rêve de travail. Ces âmes que l’on malmène décrivent, de façon poétique et politique, leur souffrance subjective au travail. Petit à petit, les rêveurs et leurs rêves font le portrait d’un monde dominé par le capitalisme néolibéral. (cinebel)

2. Sur leur lieu d’activité, chez eux ou dans un espace public, une dizaine de personnes raconte puis interprète ses rêves de travail. Ces âmes que l’on malmène décrivent de façon poétique, imagée et souvent drôle leur souffrance subjective au travail. Peu à peu, les rêveurs et leurs rêves politiques dressent le portrait d’un monde dominé par le capitalisme néolibéral. (Cinergie)

Sophie Bruneau dédie son film « à la mémoire de Charlotte Beradt, passeuse de rêves sous le régime nazi, dont le livre Rêver sous le IIIe Reich a inspiré ce film ». Elle avait réalisé en 2014 La corde du diable (Devil’s Rope) et nous avions reçu la réalisatrice dans nos studios à cette occasion. Inspirée par le livre Rêver sous le IIIe Reich de Charlotte Beradt, elle donne la parole à douze témoins de notre temps, hommes et femmes, qui révèlent ici l’intime de leur être, le plus intime, leurs rêves.

La plupart sont ’hors champ". Nous n’entendons alors que des voix, tandis que l’image nous montre des plans fixes (souvent un seul, parfois deux par interlocuteur, ou plutôt, puisqu’il n’y a pas à proprement parler d’interlocution, par rêveur-témoin. Des plans fixes, tout comme dans le film de fiction Kreuzweg, et, de même que dans ce film-là, un plan où la caméra est mobile, un travelling dans un restaurant d’entreprise. Hors les cas où l’on voit à l’écran le rêveur ou la rêveuse, ce sont souvent des bâtiments qui nous sont donnés à voir (parfois le ciel). Hormis le son des voix, ce sont des bruits de la ville ou de la nature et ce qui surprendra peut-être les très longs silences entre les rêves qui sont racontés.

Ceux-ci ne nous ont pas toujours paru être spécifiquement liés à la société capitaliste (il ne s’agit d’ailleurs pas de « rêver le capitalisme » mais « sous le capitalisme » !) mais plutôt à l’art de vivre en société contemporaine, ou même, en réalité, l’absence d’art de vivre, voire l’absence même de vivre et de vivre ensemble. Bien plus, parce qu’après la narration il y a (auto)interprétation, certains rêves semblent être contaminés par le réel. A tort ou à raison, il nous a semblé que dans leur narration, certains témoins décrivaient leur réel, leur réalité, comme si celle-ci était un cauchemar à part entière, ou comme si elle était virtuelle, comme dans Matrix ! Comme si le rêve était réalité, et la réalité un rêve éveillé !

Le film, relativement bref (un peu plus d’une heure) demandera peut-être un certain effort pour quelques spectateurs qui risquent d’être déconcertés par la forme employée. Il faut probablement s’abstraire des modes de pensées trop rationnels pour se laisser prendre par la poésie instillée par la réalisatrice et que l’on puisse entendre dans le cœur, mais aussi dans la tête, ceux et celles dont elle veut se faire la porte-parole ou plus exactement la porte-voix !

Pour en savoir plus, sur Rêver sous le capitalisme, dans la presse (source : ensemble.be) et pour redécouvrir le film après sa vision : L’écriture et le texte des rêves. (source : Alter-Ego)

Photos

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Gutland

Synopsis : Un matin d’été, un jeune homme, avec un secret caché dans son sac polochon, émerge de la forêt. Il se rend dans un village proche où il essaye de trouver du travail, mais les fermiers locaux, méfiants et même hostiles, refusent de l’aider. Ce n’est que lorsque Lucy, la fille rebelle du maire, en pince pour lui, que le village commence à changer d’attitude et qu’il se voit offrir du travail comme valet de ferme et une caravane dans laquelle vivre. Au fur et à mesure que le temps passe et qu’il trouve peu à peu sa place dans la communauté, il se rend compte qu’il n’est pas le seul à avoir un passé à cacher. Sous la surface trop lisse de cette petite communauté rurale et pittoresque, quelque chose de sinistre se cache, et l’attire de plus en plus.

Acteurs : Frederick Lau, Vicky Krieps, Marco Lorenzini, Pit Bukowski

Nous avons vu peu de films luxembourgeois, en réalité Gutland n’est que le deuxième, le premier était Baby (A)lone (Ouni D’Hänn / Sans les mains) mais la vision du film du réalisateur Govinda Van Maele confirme ce que nous écrivions en 2015 « Au Luxembourg, il y a maintenant aussi du vrai cinéma ».

L’affiche de Gutland est passablement intéressante, car elle superpose en partie deux visages de l’acteur principal, Frederik Lau qui avant d’apparaitre glabre et cheveux courts (comme sur la plupart des photos de l’acteur) est barbu et cheveux longs au début de l’intrigue et jusqu’aux 4/5e de celui-ci, moment où il y a un véritable retournement de situation que l’on ne peut bien sûr dévoiler. Nous avons cependant été désarçonné par certaines ellipses de l’intrigue qui ne rendent pas facilement compréhensible le basculement dans un autre univers.

Et justement c’est l’univers de ce village, son ambiance qui sont, à eux seuls un personnage à part entière. L’on découvre bien vite dans un sac entrouvert que Jens Fauser porte un secret, mais il n’est pas le seul. Une série de photos de femmes dénudées découvertes dans la caravane où on l’a relégué vont susciter sa curiosité et la nôtre. Jens devra se faire apprivoiser, ce qui ne sera pas facile et certaines scènes sont flippantes, ainsi l’une avec une moissonneuse-batteuse qui n’est pas sans nous rappeler une autre dans un cadre presque similaire (mais avec une variante dans le genre, ou plutôt le sexe !) dans le court-métrage allemand Cowboy, réalisé en 2008 par Till Kleinert et, où joue justement Pit Bukowski, au casting de Gutland ! Les deux intrigues ont donc quelques analogies ! Sont-elles fortuites ? S’agit-il de réminiscences ? Ou bien le réalisateur at-il voulu développer un thème proche ? Nous n’avons pas trouvé d’informations à ce sujet.

Les non-dits, les secrets de ce village et de ses habitants sont assez flippants et l’on comprendra, dans la dernière partie de quoi il retourne, pourquoi certains éléments troublants... et troublant la quiétude du village doivent disparaître. S’agit-il de noyer le poison qui risque d’empoisonner la vie de celui qui a rallié le patelin à son corps défendant, ou encore d’intégrer une chorale où l’on joue tous ensemble à l’unisson puisque chacun est le gardien (des secrets) de ses frères ? Et enfin, notons aussi une chasse à l’homme (et le rôle d’une seringue hypodermique) qui est (presque) digne d’une autre dans Lobster !

Un film que l’on recommandera aux fans de cinéma de genre, mais pas seulement. Longtemps après la vision du film vous vous sentirez nauséeux, comme pris dans la toile d’araignée d’un secret bien gardé, d’un cadavre dans un placard (enfin, placard, pas vraiment, mais vous le saurez en découvrant le film) !

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Première année

Synopsis : Antoine entame sa première année de médecine pour la troisième fois. Benjamin arrive directement du lycée, mais il réalise rapidement que cette année ne sera pas une promenade de santé. Dans un environnement compétitif violent, avec des journées de cours ardues et des nuits dédiées aux révisions plutôt qu’à la fête, les deux étudiants devront s’acharner et trouver un juste équilibre entre les épreuves d’aujourd’hui et les espérances de demain.

Acteurs : Vincent Lacoste, William Lebghil, Michel Lerousseau

Quatrième long métrage de Thomas Lilti qui, depuis le deuxième, puise dans ses racines et son expérience pour proposer un univers qui lui tient à cœur, la médecine, tout comme Hubert Charuel rendra compte de ses origines à la ferme dans Petit paysan. Thomas Lilti avait commencé dans un hôpital avec Hippocrate (2014) où il travaillait déjà avec le jeune acteur Vincent Lacoste. Il était difficile de ne pas être touché par ce film, parfois « militant ». Deux ans plus tard, il plonge à nouveau dans son expérience professionnelle avec Médecin de campagne. C’est que le réalisateur est aussi médecin et qu’il souhaite transmettre quelque chose, un message, c’est du moins l’impression qu’il donne.

Avec Première année, Thomas Lilti remonte à l’origine, celle de l’Université, où il faut faire des choix et fait de nouveau appel à Vincent Lacoste qui, pour le coup, à plus l’âge du rôle que dans Hippocrate ! A ses côtés, William Lebghil. Si le premier est en fait un tripleur et veut absolument faire médecine parce qu’il en rêve et travaille dur pour cela, le second lui, suit cette voie, pour suivre celle de son père. Par tradition familiale donc et non pas par goût pour une carrière en particulier. Lui, Benjamin, loge tout près de l’Université tandis qu’Antoine doit faire le trajet vers la banlieue. Il ne s’agit pas d’ailleurs d’une question de moyens financiers (certes il y a de cela) mais des réseaux d’appartenance qui font que l’un a, dès le départ, plus d’atouts que l’autre.

Le film est une alternance de scènes d’étude et d’autres sur les bancs des amphithéâtres. Il a un aspect très (trop ?) documentaire, à l’image de Burning Out, un vrai documentaire de Jérôme Lemaire qui serait ainsi l’aval de la situation. Car la compétition dont il est question au début des études qui mèneront un petit nombre à « faire médecine » va se poursuivre tout au long des études et ensuite lors de l’Internat et ensuite lorsqu’ils et elles seront « casés » professionnellement. Ici, plus encore que dans ses films précédents, Thomas Lilti fait passer un message, veut le faire (et en tout cas, donne cette impression) et puise probablement dans sa propre expérience.

Si le message (voulu ou pas), passe, le revers de la médaille sera une certaine « lourdeur » du film qui n’est pas trop séduisant ni même séducteur. Il y a certes les relations, parfois tendues, entre Antoine et Benjamin qui permettront de maintenir un certain suspens voire une tension tout au long du film jusqu’au surprenant twist final que nous vous laissons découvrir.

A noter aussi que les scènes de cours sont très véridiques de même que les figurants. Nous supposons que ce sont des étudiants de l’Université Paris-Descartes où le film a été tourné (Centre Universitaire des Saints-Pères, Université de Paris Descartes). L’alchimie/symbiose entre les acteurs principaux, les autres acteurs et, nous insistons, les figurants ont permis de donner corps au projet du réalisateur qui clôt ici une trilogie ’dans le désordre !) : « ...une trilogie dans le désordre. Trois personnages masculins à un croisement de leur vie, trois visions de la médecine, trois regards sur la société française. J’ai l’impression que Première année clôt quelque chose. Paradoxalement, c’est aussi un retour aux sources. Le début et la fin en même temps. Mais ce n’est pas du tout un « prequel », comme on en fait souvent maintenant. Évidemment, en retravaillant avec Vincent Lacoste, quatre ans après Hippocrate, on brouille un peu les pistes. Ce n’était pas intentionnel. Mais j’aime les sagas en littérature et ça me plait que le public puisse faire des liens entre les films. ».
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Copyright Denis Manin / 31 Juin Films

David Kerr
Johnny English Strikes Again (Johnny English contre-attaque)
Sortie le 10 octobre 2018
Article mis en ligne le 21 septembre 2018
Rubrique : Critiques

Synopsis : Cette nouvelle aventure démarre lorsqu’une cyber-attaque révèle l’identité de tous les agents britanniques sous couverture. Johnny English devient alors le dernier espoir des services secrets. Rappelé de sa retraite, il plonge tête la première dans sa mission : découvrir qui est le génie du piratage qui se cache derrière ces attaques. Avec ses méthodes obsolètes Johnny English doit relever les (...)

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RCF, une radio généraliste

RCF est un média confessionnel (Radio Chrétienne Francophone) généraliste. Il s’agit de la branche belge de la radio française du même nom. Nous émettons - sans coupures publicitaires - à Bruxelles, Liège, Namur et Bastogne et également via notre site Internet et les câblo-distributeurs qui nous reprennent. L’émission Cinécure présente depuis 2013 les sorties de films (fictions, documentaires, courts et long métrages, en salles et/ou en festivals). L’abbé Charles De Clercq, producteur de l’émission ouvre ainsi un espace à la diversité culturelle cinématographique en Belgique et à Bruxelles en particulier. Une place de choix est notamment donnée aux nombreux Festivals. Cela ne signifie pas nécessairement une adhésion ou une caution de la part de l’animateur-producteur, de RCF et de ses journalistes.

Voici le lien vers la page de présentation de l’émission et, ci-après, l’horaire des diffusions et rediffusions de l’émission Cinécure sur RCF Bruxelles :

  • une émission de 13 minutes le mercredi 13h10 (rediffusion à 18h10)
  • une deuxième de 13 minutes le samedi à 13h10
  • une émission de 26 minutes le dimanche à 17h30 (enchaînant les deux précédentes).

Vous pouvez également vous abonnez aux podcasts de l’émission via Itunes.

Le producteur de Cinécure

Charles Declercq [outre ses fonctions de webmaster et de photographe au service Communication du Centre pastoral (Vicariat) de Bruxelles et de co-responsable d’une Unité pastorale de cinq paroisses dans le quartier Meiser] est passionné de cinéma mais aussi par la Bible. Il voit en ces deux domaines l’importance de l’art de la narration et de la « théologie narrative ».

Il propose chaque semaine, sur RCF radio, un regard sur l’actualité cinématographique et sur une sélection de films qui sont projetés dans les salles, tout particulièrement ceux qui sont à l’affiche dans la semaine. Occasion donc de se faire une idée pour choisir sa séance, seul, en famille ou avec des amis.

Parfois (sauf programmation exceptionnelle), tout particulièrement pour ceux et celles qui n’ont pas l’occasion de se rendre dans une salle de cinéma, il sélectionne quelques films diffusés en télévision durant la semaine.

Enfin, il lui arrive de recevoir un(e) invité(e) ou de mettre en exergue un thème en fonction de l’actualité ou de présenter un film particulièrement remarquable du patrimoine cinématographique qu’il vient de voir en DVD ou en Blu-Ray.

Ceci n’est pas un blog !

Il ne s’agit pas non plus d’un forum dédié au cinéma. Forum et blogs sont nombreux sur la Toile. Les premiers donnent la parole à des communautés d’internautes. Les blogs sont souvent l’expression des sentiments de leur(s) auteur(s) même si certains analysent de façon plus exhaustive et pointue les films dont ils font la critique. Il y a aussi les « vlogs » où des passionnés de cinémas (ou pas !) se filment pour leur communauté de fans (souvent adolescents). Le pire y est parfois plus présent que le meilleur.

Ce site est sans publicité, sauf celle imposée par les vidéos de bande-annonce et qui nous semble manquer de logique, puisque la bande-annonce est déjà une « publicité » pour le film, en somme un publicité pour pouvoir visualiser une pub ! Cinécure.be est le prolongement web des émissions radio de Charles De Clercq sur RCF. Il apporte, en toute indépendance éditoriale, un complément d’informations, des annonces, communiqués de presse, recensions de DVD ou BD envoyés à la Rédaction... Il fait part de coups de cœur et aussi de coups de gueule mais aussi des sentiments et des émotions ressentis... qui, s’ils sont subjectifs, sont aussi ce qui fait vibrer ou pas les spectateurs.

Julien est enseignant. Il est aussi, voire surtout, cinéphile depuis son adolescence. Il a été membre du jury CINEVOX du Festival International du Film Francophone de Namur en 2017. Il fréquente assidument des salles indépendantes, comme le Caméo à Namur et publie des critiques argumentées sur sa page Facebook (Julien Brnl) après avoir vu les films. Il n’est ni journaliste, ni blogueur mais, simplement, passionné de cinéma et cinéphile. Nous lui avons proposé de publier des critiques sur ce site. Signalons également qu’il collabore au site Branchés Culture où vous pouvez également retrouver certaines de ses critiques...

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